L’AQLPA commente l’accord historique de dernière minute à Lima – Le Canada doit maintenant faire face à ses responsabilités

Logo_AQLPA_LeftSidebarCOMMUNIQUÉ

Lima, 14 décembre 2014 – L’avenir du climat, donc du monde, s’est joué hier à Lima. Les négociations ont été ardues pour arracher un accord universel sur le projet de texte qui servira de clé de voûte à l’accord international devant être signé à Paris en 2015 dans le but d’éviter le pire des dérèglements climatiques.

Il a fallu deux nuits et une journée de temps supplémentaire au calendrier officiel pour y arriver. Bien sûr, beaucoup d’éléments essentiels manquent, mais l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) veut attirer l’attention sur le verre à moitié plein en soulignant la portée sans précédent de cet accord obtenu sous le leadership décisif – et respectueux de toutes les Parties – du président de la COP20, M. Manuel Pulgar Vidal, le ministre péruvien de l’Environnement.

« Il faut mesurer l’importance historique du pas franchi hier à Lima. Pour la première fois, tous les pays du monde signataires de la Convention cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) reconnaissent qu’il faut aller vers des réductions substantielles de gaz à effet de serre (GES) pour 2050 et des émissions nettes négatives d’ici 2100. Pour la première fois, tous les pays du monde, en fonction de leurs responsabilités communes mais différenciées et de leurs capacités respectives, sont d’accord pour présenter un plan de réduction des émissions en 2015 au plus tard avant le 1er novembre. Ce plan devra représenter un progrès par rapport à la situation antérieure, en plus d’être équitable, transparent, clair et compréhensible. Enfin, il devra absolument inclure un volet sur l’adaptation», précise Alain Brunel, directeur climat-énergie de l’AQLPA, présent à Lima.

« En d’autres mots, les représentants du monde entier prennent acte de la nécessité d’engager, d’accompagner et de soutenir une nouvelle révolution industrielle basée sur l’énergie renouvelable et impulsée par les constats scientifiques des experts intergouvernementaux du climat. Certes, de nombreuses décisions difficiles sont en suspens, notamment le financement à long terme, l’atténuation pré-2020 et la mise en œuvre du mécanisme sur les Pertes et préjudices visant à compenser les pays les plus vulnérables. Ces enjeux devront être pris de front au cours des négociations qui continueront cette année et à Paris en 2015, mais l’accord de Lima pose des fondations qui permettent de continuer à bâtir le futur accord universel sur le climat » ajoute Alain Brunel.

« Nous saluons l’accord de Lima, mais le Canada devra maintenant prendre ses responsabilités et prouver par ses actes ce qu’il a signé dans l’accord de Lima. Il doit retrousser ses manches et proposer une contribution solide, à la hauteur de ses capacités, afin de rehausser ses ambitions avant 2020. Dans le régime international en devenir visant à juguler la crise climatique, le projet d’oléoduc Énergie Est de TransCanada n’a clairement plus sa raison d’être. Il faut désormais sortir de l’ère fossile et rétablir la confiance entre les Parties, notamment des pays en développement et moins avancés, mise à mal par l’inaction de pays riches comme le Canada. Deux fois le Canada a manqué à ses engagements, soit lors des accords de Kyoto et de Copenhague, il doit maintenant démontrer un réel sens des responsabilités» conclut André Bélisle, président de l’AQLPA.

En résumé…

Les deux points les plus positifs :

  • L’accord peut être qualifié d’historique, car il visera pour la première fois l’ensemble des émetteurs. Paris sera donc vraisemblablement un accord universel. Les 195 Parties devront se livrer à des réductions de leurs émissions de GES – des contributions prévues déterminées au niveau national ou INDCs – en fonction de leurs capacités respectives. Ces contributions devront être basées sur la transparence, la clarté et la compréhension. Les Parties qui sont prêtes devront communiquer leur contribution nationale au Secrétariat de la CCNUCC au plus tard lors du premier trimestre de 2015 ou sinon le plus tôt possible pour permettre au secrétariat de produire un rapport synthèse le 1er novembre 2015;
  • Tout indique que le prochain accord sera basé sur la science qui recommande d’atteindre des niveaux d’émissions nettes négatives d’ici 2100. Un nouveau régime climatique est en construction. Mobilisation massive de la société civile mondiale en faveur de la justice climatique, d’actions urgentes pour tourner le dos à l’énergie fossile et transiter vers un avenir 100% renouvelable.

Les deux points les plus négatifs :

  • Il n’y a pas eu de consensus ni de détails spécifiques sur le contenu et la portée des contributions nationales ainsi que de leurs dispositifs de révision, le financement à long terme, la mise en œuvre du mécanisme de Pertes et préjudices et les réductions de GES pré-2020;
  • Les Parties n’ont pas réussi à traduire l’urgence climatique rappelée par la société civile et les rapports scientifiques en engagements concrets. Ils ont préféré retarder les décisions cruciales et choisi de s’attaquer aux enjeux corsés lors du grand rendez-vous de Paris. Cette conférence tant attendue devra traduire le projet de Lima en actions ambitieuses et en soutien effectif aux pays les plus vulnérables aux dérèglements climatiques.

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Source

Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA)
Louise Lévesque, directrice des communications
T 418-642-1322 poste 294 / C 418-264-5575 / louise.levesque@aqlpa.com

Contacts

André Bélisle, président AQLPA
T 418-642-1322 poste 223 / C 418-386-6992 / andre.belisle@aqlpa.com

Alain Brunel, directeur climat-énergie AQLPA
C 514-835-3402 / alain.brunel@aqlpa.com

Une révolution 100% renouvelable à notre portée!

Par Marc Lebel, coordonnateur Climat-Énergie, AQLPA 

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« Ça semble toujours impossible, jusqu’à ce qu’on le fasse. » - Nelson Mandela

Coup de théâtre à la Conférence de Lima sur le climat. L’expression « net emission levels near zero » s’est frayé un chemin dans le texte débattu cette semaine dans le cadre de la Plateforme de Durban pour une action renforcée (ADP). Bien entendu, cette percée ne garantit pas une transition décisive vers l’énergie renouvelable, mais ça sent drôlement bon. La science le martèle dans ses rapports aux décideurs, mais on en vient parfois à penser que ça prendrait une intervention divine pour dégager un consensus parmi les Parties réunies une énième fois pour sauver la planète. L’intervention du pape François visant à rappeler la « responsabilité éthique et morale » qui nous incombe par rapport aux dérèglements climatiques et aux plus vulnérables qui en subissent les foudres s’ajoute à la sortie conjointe des évêques catholiques qui plaidaient jeudi à Lima pour la fin de l’ère fossile et la justice climatique[1]. Signe providentiel que des changements importants se pointent à l’horizon? Continue reading

Climats de Lima

Par Alain Brunel, directeur climat-énergie AQLPA

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L’espace central du site de la COP 20, en arrière-plan le quartier général de l’armée péruvienne. 

À Lima, capitale du Pérou, la dynamique politique de négociation sur les changements climatiques sous les auspices du secrétariat de la convention cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) n’a jamais été aussi bonne depuis des lustres, semble-t-il. Il est vrai que le récent accord sino-étasunien a ouvert le jeu ; le fonds vert est capitalisé à hauteur de $10 milliards US et des projets seront financés dès 2015. Mais rien n’est acquis pour la signature d’un accord international à Paris 2015, plusieurs obstacles majeurs subsistent et les négociations progressent à pas de tortue. Nous y reviendrons. Mais voyons dans quelle ambiance les délégations ministérielles ont travaillé dans la capitale péruvienne. Continue reading

Budget carbone : Angle mort des négociations, impasse de civilisation

Par Alain Brunel, directeur climat-énergie, AQLPA

Pendant qu’à Lima les négociations sur l’avenir du climat se trouvaient bloquées à un jour de la fin officielle de la conférence, malgré une nouvelle dynamique positive impulsée par l’accord sino-étasunien, il faut constater qu’une question majeure reste dans l’angle mort des pourparlers : le budget carbone. Le constat des experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat (GIEC) est pourtant implacable. Il y a une limite au nombre de tonnes de dioxyde de carbone (CO2) que l’humanité peut émettre dans l’atmosphère dans les prochaines décennies si l’on veut avoir une petite chance de maintenir l’augmentation de température moyenne du globe à moins de 2° C au cours du siècle. Notre budget carbone global est fini et sera bientôt épuisé. Continue reading

Climat : Plus que quelques jours pour agir à Lima – Une occasion en or pour aider les populations les plus vulnérables à s’adapter

Par Marc Lebel, coordonnateur Climat-Énergie, AQLPA
9 décembre 2014

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Photo : Cordillera Blanca
Source : http://rafaelgribel.blogspot.ca/ – Crédit : www.summitpost.org

Rio est associé au Sommet de la Terre de 1992 où est intervenue la signature de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). New York rappelle le Sommet climatique de septembre dernier qui a engendré une immense vague citoyenne d’envergure mondiale. Mais Lima ? Que retiendra-t-on de la 20e conférence des parties (COP) de la CCNUCC, hormis un autre pèlerinage de diplomates servant à dérouler le tapis pour Paris en 2015 ? Quels sont les facteurs déterminants qui permettront d’éviter une répétition dramatique de l’échec de Copenhague en 2009 ? Après une semaine de préambules, la conférence de Lima entre dans sa phase critique. La présidence péruvienne et les négociateurs devront maintenant s’élever à la hauteur des enjeux en profitant des quelques jours qui restent pour laisser en héritage une feuille de route crédible pour aider les populations les plus vulnérables à s’adapter aux changements climatiques. Continue reading

Le Canada surpasse à peine le Kazakhstan et l’Arabie saoudite en matière de protection du climat

2015climateindexOttawa, le 8 décembre 2014 : Le Canada se retrouve au bas de la liste en matière de performance sur la protection du climat parmi les 10 plus gros émetteurs de dioxyde de carbone ; il est l’avant-dernier au sein de l’Organisation de coopération et de développement économique, et il se place au 58ième rang parmi les pays responsables pour 90 pourcent des émissions mondiales reliées à l’énergie, soit juste avant le Kazakhstan, l’Australie et l’Arabie saoudite. L’évaluation du Canada était incluse dans « Climate Change Performance Index » publié aujourd’hui à Lima, au Pérou par Germanwatch et le Réseau action climat Europe. Continue reading

Changements climatiques : le Québec participe à la Conférence des Nations Unies à Lima

Reprise d’un communiqué du MDDELCC

QUÉBEC, le 6 déc. 2014 /CNW Telbec/ – Le ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, M. David Heurtel, participera à la 20e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques qui se tient à Lima, au Pérou, du 1er au 12 décembre 2014. La mission du ministre s’échelonnera du 7 au 10 décembre.  Continue reading

Avis de gros temps pour le pétrole extrême

Par Alain Brunel, directeur climat-énergie, AQLPA

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Pas d’écume sans vague. Le yoyo des prix du pétrole, le matraquage publicitaire et les stratégies d’influence choquantes de TransCanada ou la propagande climato-négationniste du groupe albertain « Friends of Science » sont l’écume de lames de fond déferlant sur le pétrole extrême des sables bitumineux. La vigie qui lance ici l’alerte n’a rien d’un « extrémiste » vert bouteille. Il s’agit du cabinet européen de conseil et de courtage financier Kepler Cheuvreux, dont les actionnaires sont de gros joueurs comme le Crédit Agricole et la Caisse des dépôts et de consignation. Deux études récentes, « Stranded assets, fossilised revenues » et « Toil for oil spells danger for majors » décrivent les trois lames de fond qui sapent lentement mais sûrement le modèle économique des pétroles extrêmes. Continue reading

L’AQLPA envoie une délégation à Lima – La conférence de Lima sur le climat est déterminante pour l’accord de Paris en 2015

Saint-Léon-de-Standon, le 8 décembre 2014 – Compte tenu de l’importance des négociations climatiques en cours qui se déroulent sous l’égide de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique, malgré une conjoncture économique difficile, envoie une délégation de deux personnes à la 20e Conférence des Parties (CdP ou COP) sur le climat qui a démarré la semaine dernière à Lima au Pérou. Continue reading

Les enjeux des négociations sur le climat – La conférence de Lima déterminante pour le succès de celle de Paris en 2015

Par Alain Brunel, Directeur Climat-Énergie, AQLPA et Marc Lebel, Coordonnateur Climat-Énergie, AQLPA

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D’entrée de jeu, Lima devra servir à créer un élan, un climat politique favorable à l’accord devant être signé à Paris en 2015. Il s’agit de s’entendre sur les principes et l’architecture d’un nouvel accord international. Il s’agit aussi d’élever le niveau d’ambition et de s’assurer que chaque État soit prêt à soumettre sa « contribution » nationale de réduction des émissions au plus tard en mars 2015. La somme de ces réductions d’émissions permettra ou non à la communauté internationale de stopper la progression fulgurante de 45% des émissions mondiales de GES depuis 1990. À cet égard, l’annonce conjointe surprise, à la mi-novembre, de l’intention des deux plus gros émetteurs mondiaux de CO2, les États-Unis et la Chine, de réduire leurs émissions de manière significative avec un objectif à long terme impulse une dynamique favorable à ces négociations. D’autant que cette annonce est survenue après celle de l’Europe qui veut réduire ses émissions de 40% en 2030 par rapport à celles de 1990. Le Canada de son côté a été pris les culottes baissées par l’annonce sino-étasunienne et n’a toujours aucun plan fédéral crédible de réduction des GES. Continue reading