En quête de l’air pur perdu

Par Alain Brunel, directeur climat énergie, Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) - DANS LE CADRE DE LA JOURNÉE DE L’AIR PUR (3 juin 2015)

Un jour d’air pur comme un rappel de la quête d’un paradis perdu. Donnez-moi de l’oxygène. Donnez-moi de l’air pur, autour de 12 000 litres par jour ou 12 mètres cube. C’est la quantité moyenne d’air quotidiennement filtré par un adulte avec tout ce qui s’y trouve. C’est un volume équivalent à celui des petits camions utilitaires européens. Tous les jours nous inspirons ce volume avec la soupe chimique qui flotte dedans. Mais ne boudons pas notre plaisir, les bonnes nouvelles sont rares en écologie ces temps-ci: les concentrations des principaux contaminants de l’air ont fortement baissé au Québec de 1975 à 2008.

Petit bémol cependant: les données commencent à dater. Le dernier inventaire des émissions atmosphériques issu du ministère du Développement durable, de l’environnement et de la lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) remonte à 2008. Sept ans…  Il y a comme un trou noir qui risque de grossir avec les coupures budgétaires constantes infligées par les gouvernements successifs à ce petit ministère aux grosses missions. En plus les normes québécoises sont moins sévères que les lignes directrices de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de 2005.

Or il ne faut pas relâcher l’attention et la pression car il est désormais établi qu’il n’y a pas de seuil minimal sans dommages. Autrement dit toute pollution de l’air, aussi faible soit-elle, entraîne des risques pour la santé, en particulier pour les personnes les plus fragiles, enfants, vieux et victimes de maladies respiratoires. En plus le réchauffement climatique en cours va aggraver certains effets de la pollution atmosphérique. Notre chance, si on peut dire : les principales sources de pollution de l’air sont celles-là mêmes qui causent le réchauffement planétaire, à savoir la combustion des énergies fossiles. Réduire les émissions liées aux combustibles fossiles diminue donc en même temps les émissions de polluants de l’air et limite le réchauffement planétaire. Une solution gagnant-gagnant.

« Le risque le plus grave »

Les données exposées ici sont largement tirées du bilan de la qualité de l’air au Québec en lien avec la santé publié en février 2012 par l’Institut national de la santé publique du Québec et le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (devenu en 2014 le ministère du développement durable, de l’environnement et de la lutte contre les changements climatiques).

Les valeurs de référence pour le Québec sont établies à partir du Règlement sur l’assainissement de l’atmosphère, (dernière mise à jour en 2011). On peut comparer dans le tableau ci-dessous (tiré du bilan ci-haut cité) avec les lignes directrices plus sévères de l’OMS. L’OMS a justement souligné le 26 mai 2015 que « la pollution de l’air constitue au plan mondial le risque le plus grave en matière de salubrité de l’environnement. Chaque année 4,3 millions de décès sont imputables à la pollution de l’air intérieur et 3,7 millions à la pollution de l’air extérieur. »

On estime aujourd’hui que la pollution de l’air touche 9 citadins sur 10 dans le monde, avec des valeurs de références souvent largement dépassées, en particulier dans les villes des pays en développement. Ci-dessous, un tableau qui compare les valeurs de références du Québec, les normes du Règlement sur l’assainissement de l’air, et les lignes directrices de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui n’ont pas valeur légale et sont indicatives de l’objectif à atteindre pour éviter les effets néfastes de la pollution de l’air sur la santé.

valeurs de reference contaminants

Contaminants, effets, concentrations

Voici les principaux résultats du bilan.

  • Particules fines

On appelle particules fines (PM2,5 ou PM10), les particules d’un diamètre inférieur à 2,5 microns (µm) ou 10 microns qui peuvent pénétrer profondément dans les alvéoles pulmonaires et interagir avec le corps humain. Les PM10 ont longtemps été analysés car elles sont considérés respirables. Mais le bilan québécois indique que cette mesure est de plus en plus remplacée par la mesure des PM2,5  car ces dernières particules peuvent pénétrer profondément les alvéoles pulmonaires et que du point de vue des effets sur la santé elles ont donc plus d’intérêt. De plus, elles contiennent des produits toxiques provenant des procédés industriels et de combustion comme les métaux et les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) dont certains sont considérés cancérigènes. Leur toxicité dépend des produits chimiques absorbés à leur surface tels que les sulfates, les nitrates, les acides, les métaux.

Aux concentrations auxquelles les populations urbaines et rurales sont exposées, il n’existe pas de seuil en dessous duquel il n’y aurait aucun effet sur la santé. Le risque sanitaire augmente avec l’importance de l’exposition.

À court terme une exposition aux PM2,5 est associée des effets aux systèmes respiratoire (irritation, inflammation des bronches etc. ) et cardiovasculaires (arythmie, augmentation de la viscosité sanguine etc.). L’augmentation de l’exposition journalière est associée à une augmentation de la mortalité et de la morbidité quotidienne (visites à l’urgence, hospitalisation) pour problèmes cardiorespiratoires. L’exposition chronique peut engendrer une diminution permanente de la capacité respiratoire, en plus d’être associée à un accroissement de la mortalité cardiovasculaire, respiratoire, ainsi que par cancers pulmonaires.

Au Québec, les principales sources de PM2,5  de2002 à 2008sont le chauffage au bois (42,7%), l’industrie (41%, principalement l’extraction de minerai, 17%) et le transport (15,6%).

En milieu urbain, une diminution des concentrations moyennes annuelles de 30% a été observée entre 1999 et 2007. Les dépassements de la norme quotidienne du Règlement sur l’assainissement de l’atmosphère (RAA) de 30µg/m3 (microgrammes par mètre cube) s’observent dans les grandes agglomérations urbaines (Montréal, Laval, Capitale nationale, Montérégie) ou les régions où sont localisées des activités industrielles (Mauricie, Centre-du-Québec, Abitibi-Témiscamingue).

Curieusement, le bilan québécois n’indique pas le nombre supplémentaire de jours de dépassement qui seraient comptabilisées en se basant sur la ligne directrice plus sévère de l’OMS pour la norme quotidienne. Mais il indique, de manière assez sibylline, qu’il y a au moins une station de chacune des régions de Montréal, Laval, Abitibi-Témiscamingue (pour 2008 et 2009) et Capitale nationale (2009) qui ont dépassé la ligne directrice de l’OMS d’une moyenne annuelle de 10 µg/m3.

  • Les oxydes d’azote (NO et NO2)

Les oxydes d’azote comprennent le monoxyde d’azote (NO) et le dioxyde d’azote (NO2). Les oxydes d’azote sont un des précurseurs de l’ozone sous l’effet du rayonnement solaire. Le dioxyde d’azote se forme dans l’atmosphère à partir du NO. Il se transforme dans l’atmosphère en acide nitrique qui retombe au sol et sur la végétation. Cet acide contribue, avec l’acide sulfurique, à l’acidification des milieux naturels ainsi qu’à l’eutrophisation des sols (ce sujet est abordé plus loin).

Le dioxyde d’azote (NO2) est le plus nocif pour la santé. À des concentrations dépassant 200µg/m3 sur de courtes durées, le NO2 est un gaz toxique entraînant une inflammation importante des voies respiratoires. L’exposition à court terme serait associée à des effets de morbidité respiratoire tels que l’inflammation pulmonaire, l’hyperréactivité bronchique, la réduction de la fonction pulmonaire. Les effets d’une exposition prolongée au NO2 sont une diminution de la capacité pulmonaire, une augmentation des symptômes respiratoires chez les asthmatiques et un ralentissement du développement de la fonction pulmonaire chez les enfants exposés à de fortes concentrations.

En moyenne, de 1998 à 2008, les principales sources d’émissions d’oxydes d’azote sont les transports (79%) et dans une moindre mesure l’industrie (14%). Le NO2 est un contaminant rencontré principalement en milieu urbain. Il est un bon indicateur des émissions des véhicules et on remarque une plus grande concentration le long des grands axes routiers. Puisque les NOx sont étroitement liées aux activités de transport, le suivi des concentrations du dioxyde d’azote se fait essentiellement en milieu urbain.

Entre 1975 et 2009, la concentration moyenne annuelle du NO2 a diminué de 60%. Celle du NO a diminué de 86%. De 1995 à 2009, une seule journée avec un dépassement de la norme de 220ppb de NO2 a été observée. Et bien que les valeurs de la ligne directrice de l’OMS soient deux fois plus sévères que la norme du RAA, très peu de dépassements son observés. Seule la région de Montréal a enregistré des dépassements de la ligne directrice de l’OMS entre 1999 et 2009.

Les nouveaux véhicules moins polluants et plus économes en carburants ont fait diminuer rapidement les concentrations du NO2 de 1975 à 1996. Toutefois depuis 1996 la baisse est moins rapide en raison de l’augmentation du nombre de véhicules.

  • L’ozone

Il faut distinguer l’ozone (O3) de la couche protectrice de la haute atmosphère (ozone stratosphérique) de l’ozone retrouvé au niveau du sol (ozone troposphérique), qui est l’un des principaux constituants du smog. L’ozone se forme sous l’effet des réactions photochimiques (en présence de rayonnement solaire) entre différents contaminants précurseurs comme les oxydes d’azote émis par les véhicules et l’industrie et les composés organiques volatils émis par les véhicules, les solvants et l’industrie. On observe des pics de concentration d’ozone au niveau du sol pendant les périodes ensoleillées.

L’ozone a une durée de vie de quelques jours dans les basses couches de l’atmosphère de sorte qu’il peut être transporté loin de sa source de production. La pollution transfrontalière joue donc également un rôle dans la présence de l’ozone. Dans un environnement saturé d’oxydes d’azote (NOx), les concentrations en ozone diminuent avec l’augmentation des émissions de NOx. Ces réactions chimiques engendrent un paradoxe : les concentrations d’ozone sont souvent plus faibles dans les zones urbaines et plus fortes dans les zones rurales. Et inversement, autre paradoxe, la diminution des oxydes d’azote en milieu urbain engendre une augmentation de la concentration d’ozone.

L’ozone est un gaz agressif qui pénètre profondément le système respiratoire et peut réagir sur les composantes cellulaires. À des concentrations élevées, sont relevés des effets comme l’irritation des yeux, du nez et de la gorge qui cause de la toux et de la difficulté à respirer. L’augmentation des concentrations quotidiennes est associée à une hausse de la sévérité et de la fréquence des crises d’asthme, à une augmentation des hospitalisations et des visites à l’urgence pour maladies respiratoires, et à une diminution des fonctions pulmonaires, particulièrement chez les enfants et les personnes sensibles. À long terme, les effets de l’exposition à l’ozone seraient l’augmentation du risque de développer de l’asthme, la diminution de façon irréversible des fonctions pulmonaires et l’augmentation de la mortalité prématurée liée à des troubles respiratoires. Les températures élevées peuvent également amplifier les effets de l’ozone sur la santé.

Les concentrations sont plus élevées en milieu rural qu’en milieu urbain. Mais de 1988 à 2009 elles ont baissé de 15% en milieu rural et augmenté de 30% en milieu urbain. Par contre, le nombre de jours de dépassement de la norme horaire du RAA semble en baisse depuis 2001. Le bilan québécois explique cette distinction par la baisse des émissions des précurseurs de l’ozone  qui influe davantage en milieu rural alors que cette même baisse augmente paradoxalement les niveaux d’ozone en milieu urbain (voir Bilan de la qualité de l’air au Québec en lien avec la santé p.21-25). Par ailleurs les statistiques des nombres de jours de dépassement sont étroitement dépendantes des conditions météorologiques puisque la formation de l’ozone est liée à la température et à l’ensoleillement.

  • Le dioxyde de soufre

Le soufre est présent dans les matières brutes comme le pétrole brut, le charbon et les minerais comme l’aluminium, le cuivre, le zinc, le plomb et le fer. Les émissions de ce gaz résultent de la combustion de matières fossiles contenant du soufre (charbon, mazout etc.) de procédés industriels (métallurgie, pâtes et papiers, raffineries de pétrole) et des systèmes de chauffage. La réaction avec l’eau produit de l’acide sulfurique principal composant des pluies acides avec l’acide nitrique.

Le dioxyde de soufre (SO2) est associé à de nombreuses pathologies respiratoires souvent en combinaison avec les particules présentes dans l’air ambiant. L’inflammation de l’appareil respiratoire entraîne de la toux, une production de mucus, une exacerbation de l’asthme, des bronchites chroniques et une sensibilisation aux infections respiratoires. L’exposition à court terme est associée à de la morbidité respiratoire (nombre de visites à l’hôpital et à l’urgence) particulièrement pour les enfants, les personnes âgées et celles souffrant d’asthme. Les études épidémiologiques n’établissent cependant pas de lien causal avec la morbidité à long terme.

En moyenne de 1990 à 2008, les émissions de SO2 sont le fait de l’industrie à 85%. Les principaux émetteurs industriels sont les alumineries, l’extraction des métaux non ferreux (cuivre et zinc), les pâtes et papiers et les raffineries de pétrole.

De 1975 à 2008, les concentrations annuelles moyennes de dioxyde de soufre ont connu une baisse de 80%. Les dépassements de la norme quotidienne sanitaire de 120ppb (partie par milliard) du RAA sont peu nombreux et limités ces dernières années aux régions socio-sanitaires d’Abitibi-Témiscamingue et de Montérégie. La diminution des concentrations dans l’air ambiant reflète la diminution des émissions de 58% entre 1990 et 2008. Les plus fortes réductions ont été obtenues dans l’industrie du cuivre et la diminution importante du nombre de jours de dépassement de la norme en Abitibi-Témiscamingue reflète bien cela. La réduction du soufre dans les carburants explique la diminution des concentrations en milieu urbain.

Le monoxyde carbone

Le monoxyde de carbone (CO) est un gaz inodore et incolore produit lors d’une mauvaise combustion des combustibles carbonés (bois, butane, charbon, essence, mazout, gaz naturel, propane etc.). Le CO présente des maximums de concentration aux heures où la circulation est la plus importante soit le matin ou la fin d’après-midi.

Le monoxyde de carbone est un gaz asphyxiant. Il se fixe sur l’hémoglobine prenant la place de l’oxygène. Il peut entraîner des troubles respiratoires et cardiaques et peut même être fatal à forte dose. Une exposition de courte durée, à des concentrations relativement faibles mais tout de même supérieures à celle que l’on retrouve dans l’air ambiant au Québec, peut occasionner des maux de tête, des étourdissements, des nausées, une aggravation des symptômes cardiaques et une baisse de la performance athlétique. Les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires figurent parmi les plus sensibles aux effets du CO. Les effets documentés de l’exposition du CO à court terme sont une augmentation de la morbidité et de la mortalité cardiovasculaire et respiratoire.

En moyenne de 1990 à 2008, les principales sources CO sont le transport (75%) et l’industrie (16%). Les incendies de forêt constituent également une source naturelle de CO. La surveillance du CO se limite au milieu urbain avec seulement 11 stations. Pendant la période de 1995 à 2009 aucun dépassement de la norme horaire du règlement sur l’assainissement de l’atmosphère (RAA) de 30ppm n’a été observé.

De 1975 à 2009, les concentrations de CO dans l’air ambiant indiquent une très forte diminution de 93%, la plus forte baisse étant observée de 1975 à 1984. Les émissions du secteur transport ont diminué de 40% de 1990 à 2008, ce qui correspond à la diminution des concentrations pour cette période.

Les dépôts acides

Un mot doit être dit sur les précipitations acides qui résultent de deux contaminants de l’air, le dioxyde de soufre (SO2) et les oxydes d’azote (NOx), lesquels, au contact de l’humidité de l’air, se transforment en acide sulfurique et en acide nitrique et retombent au sol sous forme de pluies, neiges, dépôts secs ou gazeux.

L’AQLPA a d’ailleurs été créée en 1982 pour faire face à ce problème continental (le P.A. de son acronyme signifiait alors Pluies Acides). Problème continental car 75% des oxydes de soufre ou d’azote qui se déposent sur le territoire du Québec proviennent des États-Unis ou de l’Ontario en raison des vents dominants. Ici aussi on peut constater que les informations récentes manquent au ministère du Développement durable, de l’environnement et de la lutte aux changements climatiques. Le dernier état de la situation des lacs et des sols, intitulée « La problématique des lacs acides au Québec » remonte à 2004.

L’acidité des précipitations a pour conséquence d’acidifier les lacs, de déminéraliser les sols, de déstructurer les écosystèmes et d’abîmer les infrastructures. L’acidification des lacs altère les conditions de vie de nombreuses espèces, appauvrit les écosystèmes et mobilise certains métaux comme l’aluminium. Les sols de leur côté perdent leurs cations basiques comme le calcium, le magnésium et le potassium. Ce déficit, estimé en 2004 à une perte de 2,5% par année dans le sud du Québec, appauvrit les sols forestiers.

On a cru un moment que les nitrates en excès pourraient être bénéfiques à la croissance des végétaux. Il semble, au contraire, qu’une partie des dépôts d’azote n’est pas consommée par les plantes et l’activité microbienne. « Cet azote excédentaire s’accumulerait graduellement dans le sol jusqu’au point de rupture (saturation en azote) au-delà duquel, les sols largueraient le trop plein d’azote sous forme de nitrates acides qui viendraient alors accentuer l’acidification des eaux de surface. Le réchauffement climatique accélérerait grandement ce phénomène. Une hausse de température favorise l’activité microbienne et le processus de minéralisation de la matière organique dans les couches supérieures du sol. Ce phénomène contribue à accélérer la libération de l’azote accumulé au cours des décennies dans les sols forestiers. »[1]

Les excès de nitrates contribuent aussi à l’eutrophisation des lacs et aux efflorescences d’algues bleues. Là encore le réchauffement climatique a un effet aggravant.

Les programmes de réduction des émissions polluantes – notamment, au plan continental, l’accord transfrontalier Canada-États-Unis sur la qualité de l’air de 1991 – ont permis de diminuer de façon significative les émissions des gaz précurseurs comme cela a été évoqué dans les sections précédentes.

Mais il faut se tourner vers le Canada pour avoir des données récentes. Selon le rapport d’étape 2014 de l’accord Canada-États-Unis sur la qualité de l’air, entre 1991 et 2012 les émissions de SO2 ont diminué de 58% au Canada et de 78% aux États-Unis tandis que les émissions de dioxyde d’azote « dans la région de l’ozone transfrontalier » ont diminué de 45% au Canada et de 47% aux États-Unis.

Les oxydes de soufre ont longtemps été la principale source d’acidité des lacs du Québec, dans une proportion deux fois plus grande que les oxydes d’azote. Mais les importances diminutions des émissions de SO2 font qu’aujourd’hui les dépôts humides de sulfate sont inférieurs aux dépôts de nitrate (cf graphiques ci-dessous).

La diminution des dépôts humides, tant de sulfates que de nitrates, a été remarquable en 22 ans comme on peut le voir dans les graphiques suivant tirés du rapport d’étape 2014 de l’Accord Canada-États-Unis sur la qualité de l’air.

dépots humides annuels sulfates 1990 2012

dépots humides annuels nitrates 1990 2012

Il faut toutefois noter que ces graphiques n’incluent pas les dépôts secs de sulfates et de nitrates qui contribuent pourtant de manière significative à l’acidification. Cela est expliqué par le recours à des méthodes différentes de comptabilisation des dépôts secs qui ne donnent pas pour l’instant de résultats concordants entre les deux pays.

Ces résultats positifs ont évidemment et heureusement permis d’améliorer la qualité des eaux de nombreux lacs. Mais la faible tolérance de certains lacs et certains sols ainsi que la prise en compte des effets inattendus des dépôts de nitrate et leur diminution moins rapide que les sulfates font que de nombreuses régions dans l’est du Canada continuent de recevoir des quantités qui dépassent les charges critiques. La charge critique est définie comme la quantité maximale de dépôts acides qu’un écosystème peut tolérer à long terme sans être endommagé.

Ce constat nécessite donc de nouvelles réductions des émissions de dioxyde de soufre et surtout des oxydes d’azote dont l’origine est plus diffuse (le transport) et plus difficile à contrôler. Plusieurs mesures sont donc prévues par les deux pays pour réduire davantage les émissions polluantes à l’origine des dépôts acides. C’est à suivre. Et à Québec aussi…

Plusieurs études récentes ont fait des liens entre pollution de l’air et différents dérèglements affectant la santé tels que la production d’allergènes plus puissants, la santé mentale affectée, le diabète et l’autisme favorisés chez l’enfant ou le risque de suicide accru. Nous sommes ici restés dans les canons de la science classique. Nous avons voulu insister, une fois n’est pas coutume, sur les bonnes nouvelles… L’air pur perdu est en voie d’être retrouvé… Et l’abandon progressif des combustibles fossiles dans les transports va accélérer le mouvement…

En somme, bien que nous observions une amélioration de la qualité de l’air au Québec au cours des dernières décennies, il est de la plus haute importance de maintenir les efforts visant à réduire la pollution atmosphérique. L’air pur est au cœur de la mission de l’AQLPA tant pour la santé des humains que celle des écosystèmes de la planète. Depuis sa fondation en 1982, l’AQLPA œuvre en éducation et sensibilisation populaire et initie des projets visant des réductions concrètes des émissions polluantes à l’origine des pluies acides, du smog, du réchauffement planétaire et d’autres phénomènes destructeurs aux impacts néfastes sur la santé, l’environnement naturel et les infrastructures.


[1] Dupont Jacques (2004), La problématique des lacs acides au Québec, Ministère de l’Environnement du Québec, Direction du suivi de l’environnement, p. 10.

Les émissions de GES du Québec augmentent de 7% en 2013 après intégration du nouveau potentiel de réchauffement du méthane

Par Alain Brunel, directeur climat énergie, AQLPA

Le ministère du développement durable, de l’environnement et de la lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) du Québec se félicitait, il y a peu, d’une diminution des émissions de gaz à effet de serre du Québec de 8% en 2012 par rapport à 1990. Nous avons souligné dans notre précédent blogue qu’en dépit de cette bonne nouvelle, Québec n’avait pas pour autant atteint l’objectif de réduction fixé par le protocole de Kyoto comme le communiqué du ministère du 10 avril le laissait supposer (car Kyoto impliquait de diminuer les émissions de 6% pendant 5 années consécutives et non seulement une). Mais il y a plus : la hausse du potentiel de réchauffement planétaire (PRP) du méthane, deuxième gaz en importance après le dioxyde de carbone (CO2) dans le réchauffement planétaire, n’a pas été intégrée dans les données de l’inventaire des gaz à effet de serre (GES) du Québec 1990-2012. Continue reading

Réduire notre dépendance au pétrole : la danse du cobra

Un article d’Alain Brunel, directeur climat-énergie de l’AQLPA dans la Revue vie économique (Vol.6, No.2 – Mai 2015)

Résumé de l’article

Réduire notre dépendance au pétrole suppose d’agir sur la demande, mais aussi sur l’offre. Les prévisions d’augmentation de la production de pétrole bitumineux au Canada rendent très difficile, sinon impossible, l’atteinte des objectifs de diminution des gaz à effet de serre à la hauteur des exigences scientifiques de protection du climat. Le Canada est en train de s’enfermer dans un modèle économique mortifère. Sur sa durée d’opération de 40 ans, le projet d’oléoduc Énergie Est à lui seul est susceptible, selon nos calculs, d’émettre 64 fois les émissions de gaz à effet de serre (GES) du Québec de 2011, selon le cycle de vie complet, du puits à la roue, du pétrole transporté. Le Québec est en position géostratégique de démultiplier sur la scène canadienne sa volonté de réduction des émissions de GES en refusant le passage d’Énergie Est sur son territoire. Réduire notre dépendance implique aussi de renverser le règne de la vache sacrée automobile, de soutenir l’usage des véhicules les moins polluants, sanctionner celui des plus polluants et investir massivement dans le transport collectif, en sollicitant les entreprises et les automobilistes qui en sont des bénéficiaires indirects. Il nous faut saisir ce moment historique et donner la main au changement de modèle énergétique. Faire autrement reviendrait à se rendre complice de l’écocide en cours causé par les émissions débridées de gaz à effet de serre. 

Lire l’article complet :
Réduire notre dépendance au pétrole : la danse du cobra (Article d’Alain Brunel, directeur climat-énergie AQLPA)

Consulter la revue :
Transition énergétique : L’urgence d’agir (Revue vie économique Vol.6 No.2)

 

Transition énergétique : L’urgence d’agir

23Revue vie économique, Vol.6 No.2

La Revue vie économique vient de mettre en ligne son plus récent numéro sur le thème Transition énergétique : l’urgence d’agir. En ce début de 21e siècle, nous sommes confrontés à des défis majeurs sur les enjeux climatiques, comme nous le rappelait récemment le consortium Ouranos. Il nous faut réorienter le plus rapidement possible notre modèle de développement si nous voulons éviter une crise climatique irréversible, de manière à pouvoir répondre à de nouveaux impératifs écologiques. D’autres pays ont déjà commencé à agir avec vigueur. Le Québec ne pourrait-il pas faire partie de ce mouvement pionnier de transition vers une économie soutenable ? Malheureusement, les gouvernements actuels, dont les ambitions consistent à imposer une austérité sans faille et à ouvrir toutes grandes les voies d’accès aux exportations de pétroles provenant des sables bitumineux, ne semblent pas vouloir choisir cette voie innovatrice.

Même le Ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques a vu ses très maigres ressources être diminuées de 5% en dix ans. Un moment donné, il faut cesser d’avoir un double discours et faire les choix qui s’imposent. En soutenant le projet Énergie Est et en finançant l’exploration du pétrole de schiste sur Anticosti, les deux sources d’énergie fossile parmi les plus polluantes, on peut sincèrement se demander si M. Heurtel n’est pas plutôt le ministre du Développement insoutenable, de la Pollution et des Changements climatiques !

Heureusement, des mouvements citoyens, des groupes écologistes et des scientifiques veillent au grain. Non seulement représentent-ils, par leurs actions ou par leurs travaux, les grains de sable qui bloquent le formidable engrenage des puissants lobbys des énergies fossiles, mais ils proposent également à la société québécoise un défi collectif de faire aujourd’hui les choix déterminants pour construire le type d’économie dans lequel il faudrait inscrire notre modèle de développement. Pour encourager le débat public sur la pertinence de souscrire à un grand projet de transition vers une économie plus soutenable, la Revue vie économique offre donc cette tribune à un ensemble de chercheurs et de praticiens.

header_r2_c1

Gilles L. Bourque, Éditeur

Transition énergétique : L’urgence d’agir (Revue vie économique Vol.6 No.2) : http://www.eve.coop/?r=23

Réduire notre dépendance au pétrole : la danse du cobra (Article d’Alain Brunel, directeur climat-énergie AQLPA) : http://www.eve.coop/?a=229

Réduction de GES : pas de potion magique pour Québec

L’objectif de Kyoto n’est PAS atteint

Par Alain Brunel, directeur climat énergie, Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA)

Canada_Quebec_relief_location_mapmodif

En matière de réduction des gaz à effet de serre et d’atteinte des objectifs liés au protocole de Kyoto, la position du Québec – rapportée souvent sans mise en perspective par certains médias – ressemble fort à du pétage de bretelles comme l’a déjà souligné André Bélisle dans un texte limpide diffusé sur le Blogue AQLPA. Elle fait un peu penser à une situation comique de la bande dessinée Astérix le Gaulois. Le scénario? Trompé par Panoramix, le centurion romain Caius Bonus pense, faussement, avoir bu de la potion magique. Il essaie de soulever une énorme pierre qu’il n’arrive évidemment pas à bouger. Il tente alors d’en soulever une moins grosse et n’y arrive pas non plus. Il s’exclame finalement « je suis un surhomme! » quand il réussit à soulever à deux mains une petite roche pour laquelle assurément aucune potion magique n’était nécessaire…

L’objectif de protocole de Kyoto pour le Canada, auquel Québec s’est déclaré lié, consistait à réduire les émissions de 6% par rapport à 1990 pour chacune des années de 2008 à 2012 (donc pendant 5 années consécutives). L’idée était de s’assurer que les réductions n’étaient pas conjoncturelles mais témoignaient d’une tendance structurelle à long terme. Le communiqué de presse du 10 avril du ministère – « Caius Bonus » – du développement durable, de l’environnement et de la lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) relève fièrement que le dernier inventaire québécois des gaz à effet de serre indique une réduction des émissions de 8% en 2012 par rapport à 1990. C’est évidemment une bonne nouvelle en soi et l’objectif pour 2012 (et strictement 2012) a effectivement été dépassé. Mais il est erroné de prétendre, comme cela est affirmé dans le communiqué, que l’objectif correspond à celui que Québec s’était donné « dans la foulée du protocole de Kyoto ».

C’est une erreur significative et fréquemment relayée par les médias. Lorsqu’on cumule les différences annuelles par rapport à l’objectif défini par le protocole de Kyoto pour chacune des années 2008 à 2011, on se retrouve en 2012 avec 9,58 millions de tonnes équivalent dioxyde de carbone (teq CO2) émises en trop sur 4 ans. L’objectif de Kyoto impliquait en effet de réduire les émissions de 84,54 mt (1990) à 79,47 mt eq CO2 en 2008 et de maintenir ce volume pendant 5 ans.

Selon l’inventaire québécois, le Québec a émis 78 millions de teqCO2 en 2012. L’objectif Kyoto pour l’année 2012 a donc été dépassé de 1,47 millions de teqCO2. Mais comme l’a montré André Bélisle, pour calculer l’écart par rapport à l’objectif du protocole de Kyoto il faut soustraire ce volume du surplus de tonnes émises pour les années 2008 à 2011, soit 9,58 – 1,47 = 8,11. Nous sommes donc encore à plus de 8 millions de tonnes de CO2 eq de l’atteinte de l’objectif du protocole de Kyoto.

De plus, la mobilisation citoyenne dans plusieurs dossiers d’exploitation de combustibles fossiles, dont les gaz de schiste, et le ralentissement économique ont permis d’éviter un dérapage encore plus grand des émissions du Québec par rapport à l’objectif de Kyoto. Il faut également mentionner la fermeture de la raffinerie Shell qui a mené à une réduction de 2 mt éq CO2.

Québec traîne encore plus de la patte qu’on le pense. Ses émissions pour 2013 sont estimées par Environnement Canada à 82,6 millions de tonnes eqCO2, c’est-à-dire 4,6 millions de tonnes de plus que le chiffre de 2012 donné par le MDDELCC. Comment se fait-il? C’est que dans son inventaire soumis au secrétariat de la convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), Environnement Canada a rehaussé le potentiel de réchauffement planétaire (PRP) du méthane de 19%, pour se caler sur les données scientifiques de 2007, nouvelle référence fixée par convention internationale, ce que Québec n’a pas encore fait [1]. Le rehaussement du PRP du méthane à 25 fois celui du CO2 a pour effet d’augmenter le nombre de tonnes équivalent carbone de ce gaz dans le total des émissions du Québec. Donc les émissions totales du Québec augmentent mécaniquement en 2013. Nous reviendrons bientôt* sur ce sujet.

*Mise à jour (7 mai 2015) : Voir article “Les émissions de GES du Québec augmentent de 7% en 2013 après intégration du nouveau potentiel de réchauffement du méthane“.


[1] Environment Canada, (2015) National Inventory Report, Greenhouse Gas and Sinks in Canada 1990-2013, the Canadian Government’s Submission to the UN Framework Convention on Climate Change, Part 1.

Pas de réduction sérieuse des émissions de GES au Canada sans limites sur les sables bitumineux

Par Alain Brunel, directeur climat énergie, AQLPA, le 10 avril 2015

Une étude solide de Greenpeace et Environmental Defence, intitulée « Le Canada s’enlise « , publiée le 9 avril 2015, démontre de façon extrêmement convaincante à partir de données gouvernementales, qu’il sera impossible pour le Canada de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre (GES) à la hauteur requise par la science sans limiter l’extraction du pétrole bitumineux. Cette étude est indépendante et complémentaire à celle que l’AQLPA a réalisée récemment portant sur les volumes de GES associés, en amont et en aval, au pétrole qui transiterait dans les nouveaux oléoducs actuellement projetés au Canada. C’est la preuve par deux que si nous sommes sérieux dans notre volonté de réduire les GES, il nous faut absolument stopper la croissance de l’extraction du pétrole bitumineux. Et les paramètres de l’équation de Kaya viennent aussi nous le démontrer. En voici les éléments de preuve. Continue reading

Les émissions de GES liées à Énergie Est sur 40 ans: l’équivalent de plus de 1,3 milliard d’autos

« Sur 40 ans, les émissions totales amont et aval du pipeline Énergie Est dépasseraient les 5,2 milliards de tonnes équivalent CO2, (GteqCO2) soit 64 fois les émissions du Québec de 2011. »
- Alain Brunel, directeur climat énergie, AQLPA 

Résumé : dans l’analyse qui suit, Alain Brunel, directeur climat énergie de l’AQLPA, expose des données inédites sur les émissions totales de gaz à effet de serre (GES), produites en amont par l’extraction et en aval par la combustion, associées au pétrole bitumineux transporté par les nouveaux projets d’oléoducs ou d’expansion des anciens sur toute leur durée d’opération. Les chiffres sont astronomiques. Et c’est une estimation conservatrice lorsqu’on la compare aux données du département d’État des États-Unis relativement au pipeline Keystone XL. Les émissions totales projetées sont également mises en perspective avec le budget carbone mondial limité qui nous est imparti pour éviter l’emballement climatique. Cette recherche montre hors de tout doute qu’on ne peut vouloir à la fois réduire les GES et favoriser l’exploitation des sables bitumineux. 

Version imprimable (PDF) à télécharger (cliquez ici). 

Par Alain Brunel, directeur climat énergie AQLPA, mars 2015

Pour une deuxième fois depuis qu’il est au pouvoir, le président des États-Unis a apposé son veto au projet de pipeline Keystone XL. Sur le fond, nous le savons, Barack Obama est préoccupé par l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre (GES) que l’utilisation du pipeline entraînerait. Il a bien raison. En juin 2013, il affirmait dans un discours à Georgetown University qu’il considérerait KXL d’intérêt national pour les États-Unis uniquement s’il était démontré que l’oléoduc « n’exacerberait pas significativement » la pollution carbone. Et il a déclaré tout récemment que la production de pétrole bitumineux était « extraordinairement sale ». Continue reading

Énergie Est et GES : Alain Brunel, directeur climat énergie de l’AQLPA, a interpellé les dirigeants de l’ONÉ

Le président de l’Office national de l’énergie M. Peter Watson et sa vice-présidente Lyne Mercier sont venus expliquer le rôle de l’Office national de l’énergie le jeudi 26 février à HEC Montréal dans la perspective des audiences sur le projet Énergie Est de TransCanada. Un comité d’accueil d’une vingtaine de personnes de la coalition “SpeakVert !”, dont fait partie l’AQLPA, regroupement d’écologistes, de citoyens, d’agriculteurs et défenseurs de la langue française, les attendaient pour leur rappeler l’importance d’obtenir l’ensemble de la preuve de TransCanada en français. Pour leur rappeler également l’importance de prendre en compte la totalité des émissions de gaz à effet de serre que le projet de 1,1 million de barils par jour induira en permettant l’augmentation de la production des sables bitumineux de quelque 40%.

Alain Brunel, le directeur climat énergie de l’AQLPA, a interpellé directement les dirigeants de l’ONÉ sur ces questions en critiquant l’interprétation très restrictive de leur mandat alors qu’ils ont l’autorité des évaluations environnementales des projets d’oléoducs depuis la loi mammouth C-38. “Les émissions de gaz à effet de serre doivent être réduites à zéro d’ici quelques décennies, il s’agit de l’enjeu environnemental du siècle, d’un enjeu de civilisation. L’Oné ne peut pas ne pas en tenir compte quand le pipeline Énergie Est augmenterait à lui seul de 40% la production de sable bitumineux”.   Continue reading

Énergie Est: front commun d’agriculteurs, d’écologistes et de défenseurs du français

CAMPAGNE POUR UNE SUSPENSION IMMÉDIATE DES PROCÉDURES À L’ONÉ

#SPEAKVERT !

Montréal, 20 février 2015 – Plus d’une vingtaine de groupes citoyens, agricoles, environnementaux, syndicaux et de défense de la langue française ont lancé ce vendredi la campagne «Speak vert!» afin de faire valoir leur indignation face à l’Office national de l’énergie (ONÉ), cet organisme fédéral qui refuse de rendre disponible pour les citoyens francophones une traduction officielle des 30 000 pages de documents déposés en anglais seulement par TransCanada concernant le projet d’oléoduc Énergie Est. Continue reading

Changer le cap du «Titanic» énergétique mondial

Texte d’Alain Brunel, directeur climat-énergie AQLPA, publié dans Le Devoir, le 30 décembre 2014, section Actualités sur l’environnement.

cr photo Martin Mejia AP

Photo: Martin Mejia – Associated Press Des manifestants ont parodié les dirigeants mondiaux lors du dernier sommet sur le climat, à Lima.

Il s’est passé quelque chose d’important lors des négociations internationales sur l’avenir du climat tenues en décembre à Lima, au Pérou, pays du peuple du soleil, selon une légende inca. Les 195 États signataires de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques se sont engagés à soumettre l’an prochain — dès la fin du premier trimestre « pour ceux qui le peuvent » — un plan national de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), à mettre en oeuvre à partir de 2020. Malgré les persistants clivages Nord-Sud et les carences de l’accord conclu in extremis à Lima, des lignes figées depuis des années ont bougé. Les fondations d’un accord mondial de lutte contre les dérèglements climatiques commencent à prendre forme dans l’expression de cette volonté universellement partagée de faire partie de la solution. Continue reading