Les émissions de GES du Québec augmentent de 7% en 2013 après intégration du nouveau potentiel de réchauffement du méthane

Par Alain Brunel, directeur climat énergie, AQLPA

Le ministère du développement durable, de l’environnement et de la lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) du Québec se félicitait, il y a peu, d’une diminution des émissions de gaz à effet de serre du Québec de 8% en 2012 par rapport à 1990. Nous avons souligné dans notre précédent blogue qu’en dépit de cette bonne nouvelle, Québec n’avait pas pour autant atteint l’objectif de réduction fixé par le protocole de Kyoto comme le communiqué du ministère du 10 avril le laissait supposer (car Kyoto impliquait de diminuer les émissions de 6% pendant 5 années consécutives et non seulement une). Mais il y a plus : la hausse du potentiel de réchauffement planétaire (PRP) du méthane, deuxième gaz en importance après le dioxyde de carbone (CO2) dans le réchauffement planétaire, n’a pas été intégrée dans les données de l’inventaire des gaz à effet de serre (GES) du Québec 1990-2012.

L’an dernier, nous avions alerté sur cette hausse continue du PRP du méthane depuis 20 ans dans les rapports des experts du climat et préparé une note technique sur ce sujet. Nous avions également souligné l’importance négligée de ce facteur dans notre mémoire soumis à la commission du Bureau d’Audiences Publiques sur l’Environnement (BAPE) sur les enjeux de l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent et prévenu les commissaires de son effet massif sur les émissions du Québec advenant une exploitation du gaz de schiste.

Or voilà qu’Environnement Canada, dans son plus récent inventaire 1990-2013 des GES émis au Canada, intègre la hausse du PRP selon la nouvelle référence scientifique de 2007 fixée par convention internationale. Le potentiel de réchauffement du méthane est maintenant et officiellement calculé comme étant 25 fois plus puissant que le dioxyde de carbone sur 100 ans. C’est une hausse de 19% par rapport à l’ancienne référence de 21 qui datait de 1995. Résultat : le Québec se retrouve avec une augmentation de 5,4 millions de tonnes eqCO2 en 2013 par rapport à l’inventaire 2012 ou 7% de plus.

Les principaux émetteurs de méthane au Québec qu’on retrouve essentiellement dans les secteurs du résidentiel, de l’agriculture, de l’industrie et des déchets voient ainsi leurs émissions réévaluées à la hausse en 2013 comme on peut le voir dans le tableau ci-dessous.

Tableau 1: Comparaison des émissions du Québec selon les inventaires de GES québécois 2012 et canadien 2013 par secteur d’activité et avec potentiels de réchauffement planétaire du méthane distincts [1]

Méthane par secteur

Le relèvement du potentiel de réchauffement planétaire du méthane a donc des incidences non négligeables sur le total des émissions de CO2 équivalent du Québec, avec une augmentation moyenne de 7% par rapport à 2012. La baisse de 8% en 2012 par rapport à 1990 dont se targuait Québec est presque effacée. Ce sont les secteurs du résidentiel, des déchets et de l’agriculture qui connaissent les croissances relatives les plus significatives. Presque 50% dans le résidentiel en raison du chauffage au gaz; 23 et 21% respectivement pour les déchets et l’agriculture. Mais, en valeur absolue, l’industrie ajoute quand même 1,2 million de tonnes eq CO2 à son bilan soit presque autant que l’agriculture. Le transport, qui n’utilise pratiquement pas de méthane, n’est pour ainsi dire pas affecté.

Il est toutefois important de noter ici que c’est la valeur du potentiel de réchauffement planétaire du méthane en équivalent dioxyde de carbone qui augmente et non les quantités absolues de gaz méthane qui elles restent stables. Évidemment toute augmentation absolue des émissions de ce gaz prend désormais plus d’importance dans le bilan des gaz à effet de serre. On discerne mieux les écarts dans le graphique suivant :

Émissions comparées 

En plus, le potentiel de réchauffement planétaire de 25 fois celui du dioxyde de carbone, basé sur la valeur du rapport du GIEC de 2007, laisse en plan un autre 36% d’augmentation ; car le dernier rapport des experts de la physique du climat de 2013 a relevé à nouveau le potentiel de réchauffement du méthane à 34 fois celui de la molécule de CO2 sur 100 ans. L’AQLPA avait aussi alerté l’an dernier dans un blog sur le fait, universellement omis, que ce potentiel de réchauffement est encore plus puissant sur une période de 20 ans, 86 fois celui du dioxyde de carbone…

Environnement Canada a recalculé les émissions canadiennes depuis 1990 avec un PRP du méthane de 25 et on constate que cette réévaluation du PRP du méthane ne change pas le profil de la courbe des émissions comme on peut le voir dans le graphique ci-dessous tiré de la page 40 de l’inventaire canadien.

courbe après PRP ajuste 

Le profil ne change pas, donc la valeur relative des émissions par rapport à 1990 demeure la même, – c’est-à-dire qu’on peut toujours atteindre une diminution relative de x% par rapport à 1990 – mais les données en tonnes équivalent CO2 se retrouvent plus haut sur l’échelle des émissions. Et comme la science du climat nous garde en réserve une nouvelle hausse du PRP du méthane sur 100 ans presque deux fois plus importante que celle illustrée sur le graphique ci-haut (36% vs 19%), les hausses du PRP du méthane font en sorte de nous éloigner concrètement de l’objectif zéro émission requis par la science pour protéger le climat. Et nous n’abordons même pas ici le potentiel de réchauffement du méthane sur 20 ans dont la prise en compte conduirait à une hausse de la valeur de réchauffement du méthane presque 3,5 fois plus importante que celle qui vient d’être réévaluée (86/25) !

Il s’ensuit une conclusion implacable : le recours au gaz naturel non renouvelable (au contraire du recours au biométhane renouvelable qui évite des émissions atmosphériques) n’est pas une solution de transition pour réduire les GES contrairement à ce qu’on entend souvent. C’est particulièrement évident dans le secteur résidentiel où en raison du chauffage au gaz naturel, composé essentiellement de méthane, la hausse du PRP a des incidences directes sur les émissions du secteur en 2013, dont la croissance dépasse même celles de l’industrie! En contrepartie, le recours au biométhane vaut aussi plus cher en émissions de GES évitées.

On ne sait pas encore comment Québec va intégrer cette hausse du PRP dans la mécanique de la bourse du carbone. Les émissions de moins de 25kt eq CO2 sont exemptées de déclaration obligatoire et l’agriculture n’est pas soumise à la bourse carbone. Il est donc possible qu’une bonne part de ces émissions de méthane ne soient tout simplement pas couvertes par la réglementation (elles pourront éventuellement faire l’objet de crédits compensatoires). Mais cela démontre qu’au-delà des jeux d’écriture, de droits d’émission gratuits et de profits anticipés autour de la bourse carbone, la vraie potion magique pour diminuer nos émissions de gaz à effet de serre est de tout faire pour diminuer nos émissions en termes absolus et pour éviter d’en émettre de nouvelles.

Ceci porte à conséquences majeures pour les espoirs d’exploration et d’exploitation du pétrole et du gaz de schiste que certains caressent au Québec, tout comme pour l’exploitation des sables bitumineux : les procédés d’extraction du bitume dits in situ, par injection de vapeur, nécessitent de quantités importantes de gaz naturel non renouvelables…


[1] Certains secteurs marginaux de l’inventaire québécois comme l’électricité ne sont pas repris ici d’où la différence du total des émissions du Québec 2012 avec celui évoqué dans le précédent texte sur le sujet.

Réduire notre dépendance au pétrole : la danse du cobra

Un article d’Alain Brunel, directeur climat-énergie de l’AQLPA dans la Revue vie économique (Vol.6, No.2 – Mai 2015)

Résumé de l’article

Réduire notre dépendance au pétrole suppose d’agir sur la demande, mais aussi sur l’offre. Les prévisions d’augmentation de la production de pétrole bitumineux au Canada rendent très difficile, sinon impossible, l’atteinte des objectifs de diminution des gaz à effet de serre à la hauteur des exigences scientifiques de protection du climat. Le Canada est en train de s’enfermer dans un modèle économique mortifère. Sur sa durée d’opération de 40 ans, le projet d’oléoduc Énergie Est à lui seul est susceptible, selon nos calculs, d’émettre 64 fois les émissions de gaz à effet de serre (GES) du Québec de 2011, selon le cycle de vie complet, du puits à la roue, du pétrole transporté. Le Québec est en position géostratégique de démultiplier sur la scène canadienne sa volonté de réduction des émissions de GES en refusant le passage d’Énergie Est sur son territoire. Réduire notre dépendance implique aussi de renverser le règne de la vache sacrée automobile, de soutenir l’usage des véhicules les moins polluants, sanctionner celui des plus polluants et investir massivement dans le transport collectif, en sollicitant les entreprises et les automobilistes qui en sont des bénéficiaires indirects. Il nous faut saisir ce moment historique et donner la main au changement de modèle énergétique. Faire autrement reviendrait à se rendre complice de l’écocide en cours causé par les émissions débridées de gaz à effet de serre. 

Lire l’article complet :
Réduire notre dépendance au pétrole : la danse du cobra (Article d’Alain Brunel, directeur climat-énergie AQLPA)

Consulter la revue :
Transition énergétique : L’urgence d’agir (Revue vie économique Vol.6 No.2)

 

Transition énergétique : L’urgence d’agir

23Revue vie économique, Vol.6 No.2

La Revue vie économique vient de mettre en ligne son plus récent numéro sur le thème Transition énergétique : l’urgence d’agir. En ce début de 21e siècle, nous sommes confrontés à des défis majeurs sur les enjeux climatiques, comme nous le rappelait récemment le consortium Ouranos. Il nous faut réorienter le plus rapidement possible notre modèle de développement si nous voulons éviter une crise climatique irréversible, de manière à pouvoir répondre à de nouveaux impératifs écologiques. D’autres pays ont déjà commencé à agir avec vigueur. Le Québec ne pourrait-il pas faire partie de ce mouvement pionnier de transition vers une économie soutenable ? Malheureusement, les gouvernements actuels, dont les ambitions consistent à imposer une austérité sans faille et à ouvrir toutes grandes les voies d’accès aux exportations de pétroles provenant des sables bitumineux, ne semblent pas vouloir choisir cette voie innovatrice.

Même le Ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques a vu ses très maigres ressources être diminuées de 5% en dix ans. Un moment donné, il faut cesser d’avoir un double discours et faire les choix qui s’imposent. En soutenant le projet Énergie Est et en finançant l’exploration du pétrole de schiste sur Anticosti, les deux sources d’énergie fossile parmi les plus polluantes, on peut sincèrement se demander si M. Heurtel n’est pas plutôt le ministre du Développement insoutenable, de la Pollution et des Changements climatiques !

Heureusement, des mouvements citoyens, des groupes écologistes et des scientifiques veillent au grain. Non seulement représentent-ils, par leurs actions ou par leurs travaux, les grains de sable qui bloquent le formidable engrenage des puissants lobbys des énergies fossiles, mais ils proposent également à la société québécoise un défi collectif de faire aujourd’hui les choix déterminants pour construire le type d’économie dans lequel il faudrait inscrire notre modèle de développement. Pour encourager le débat public sur la pertinence de souscrire à un grand projet de transition vers une économie plus soutenable, la Revue vie économique offre donc cette tribune à un ensemble de chercheurs et de praticiens.

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Gilles L. Bourque, Éditeur

Transition énergétique : L’urgence d’agir (Revue vie économique Vol.6 No.2) : http://www.eve.coop/?r=23

Réduire notre dépendance au pétrole : la danse du cobra (Article d’Alain Brunel, directeur climat-énergie AQLPA) : http://www.eve.coop/?a=229

Réduction de GES : pas de potion magique pour Québec

L’objectif de Kyoto n’est PAS atteint

Par Alain Brunel, directeur climat énergie, Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA)

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En matière de réduction des gaz à effet de serre et d’atteinte des objectifs liés au protocole de Kyoto, la position du Québec – rapportée souvent sans mise en perspective par certains médias – ressemble fort à du pétage de bretelles comme l’a déjà souligné André Bélisle dans un texte limpide diffusé sur le Blogue AQLPA. Elle fait un peu penser à une situation comique de la bande dessinée Astérix le Gaulois. Le scénario? Trompé par Panoramix, le centurion romain Caius Bonus pense, faussement, avoir bu de la potion magique. Il essaie de soulever une énorme pierre qu’il n’arrive évidemment pas à bouger. Il tente alors d’en soulever une moins grosse et n’y arrive pas non plus. Il s’exclame finalement « je suis un surhomme! » quand il réussit à soulever à deux mains une petite roche pour laquelle assurément aucune potion magique n’était nécessaire…

L’objectif de protocole de Kyoto pour le Canada, auquel Québec s’est déclaré lié, consistait à réduire les émissions de 6% par rapport à 1990 pour chacune des années de 2008 à 2012 (donc pendant 5 années consécutives). L’idée était de s’assurer que les réductions n’étaient pas conjoncturelles mais témoignaient d’une tendance structurelle à long terme. Le communiqué de presse du 10 avril du ministère – « Caius Bonus » – du développement durable, de l’environnement et de la lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) relève fièrement que le dernier inventaire québécois des gaz à effet de serre indique une réduction des émissions de 8% en 2012 par rapport à 1990. C’est évidemment une bonne nouvelle en soi et l’objectif pour 2012 (et strictement 2012) a effectivement été dépassé. Mais il est erroné de prétendre, comme cela est affirmé dans le communiqué, que l’objectif correspond à celui que Québec s’était donné « dans la foulée du protocole de Kyoto ».

C’est une erreur significative et fréquemment relayée par les médias. Lorsqu’on cumule les différences annuelles par rapport à l’objectif défini par le protocole de Kyoto pour chacune des années 2008 à 2011, on se retrouve en 2012 avec 9,58 millions de tonnes équivalent dioxyde de carbone (teq CO2) émises en trop sur 4 ans. L’objectif de Kyoto impliquait en effet de réduire les émissions de 84,54 mt (1990) à 79,47 mt eq CO2 en 2008 et de maintenir ce volume pendant 5 ans.

Selon l’inventaire québécois, le Québec a émis 78 millions de teqCO2 en 2012. L’objectif Kyoto pour l’année 2012 a donc été dépassé de 1,47 millions de teqCO2. Mais comme l’a montré André Bélisle, pour calculer l’écart par rapport à l’objectif du protocole de Kyoto il faut soustraire ce volume du surplus de tonnes émises pour les années 2008 à 2011, soit 9,58 – 1,47 = 8,11. Nous sommes donc encore à plus de 8 millions de tonnes de CO2 eq de l’atteinte de l’objectif du protocole de Kyoto.

De plus, la mobilisation citoyenne dans plusieurs dossiers d’exploitation de combustibles fossiles, dont les gaz de schiste, et le ralentissement économique ont permis d’éviter un dérapage encore plus grand des émissions du Québec par rapport à l’objectif de Kyoto. Il faut également mentionner la fermeture de la raffinerie Shell qui a mené à une réduction de 2 mt éq CO2.

Québec traîne encore plus de la patte qu’on le pense. Ses émissions pour 2013 sont estimées par Environnement Canada à 82,6 millions de tonnes eqCO2, c’est-à-dire 4,6 millions de tonnes de plus que le chiffre de 2012 donné par le MDDELCC. Comment se fait-il? C’est que dans son inventaire soumis au secrétariat de la convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), Environnement Canada a rehaussé le potentiel de réchauffement planétaire (PRP) du méthane de 19%, pour se caler sur les données scientifiques de 2007, nouvelle référence fixée par convention internationale, ce que Québec n’a pas encore fait [1]. Le rehaussement du PRP du méthane à 25 fois celui du CO2 a pour effet d’augmenter le nombre de tonnes équivalent carbone de ce gaz dans le total des émissions du Québec. Donc les émissions totales du Québec augmentent mécaniquement en 2013. Nous reviendrons bientôt* sur ce sujet.

*Mise à jour (7 mai 2015) : Voir article “Les émissions de GES du Québec augmentent de 7% en 2013 après intégration du nouveau potentiel de réchauffement du méthane“.


[1] Environment Canada, (2015) National Inventory Report, Greenhouse Gas and Sinks in Canada 1990-2013, the Canadian Government’s Submission to the UN Framework Convention on Climate Change, Part 1.

Pas de réduction sérieuse des émissions de GES au Canada sans limites sur les sables bitumineux

Par Alain Brunel, directeur climat énergie, AQLPA, le 10 avril 2015

Une étude solide de Greenpeace et Environmental Defence, intitulée « Le Canada s’enlise « , publiée le 9 avril 2015, démontre de façon extrêmement convaincante à partir de données gouvernementales, qu’il sera impossible pour le Canada de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre (GES) à la hauteur requise par la science sans limiter l’extraction du pétrole bitumineux. Cette étude est indépendante et complémentaire à celle que l’AQLPA a réalisée récemment portant sur les volumes de GES associés, en amont et en aval, au pétrole qui transiterait dans les nouveaux oléoducs actuellement projetés au Canada. C’est la preuve par deux que si nous sommes sérieux dans notre volonté de réduire les GES, il nous faut absolument stopper la croissance de l’extraction du pétrole bitumineux. Et les paramètres de l’équation de Kaya viennent aussi nous le démontrer. En voici les éléments de preuve. Continue reading

Les émissions de GES liées à Énergie Est sur 40 ans: l’équivalent de plus de 1,3 milliard d’autos

« Sur 40 ans, les émissions totales amont et aval du pipeline Énergie Est dépasseraient les 5,2 milliards de tonnes équivalent CO2, (GteqCO2) soit 64 fois les émissions du Québec de 2011. »
- Alain Brunel, directeur climat énergie, AQLPA 

Résumé : dans l’analyse qui suit, Alain Brunel, directeur climat énergie de l’AQLPA, expose des données inédites sur les émissions totales de gaz à effet de serre (GES), produites en amont par l’extraction et en aval par la combustion, associées au pétrole bitumineux transporté par les nouveaux projets d’oléoducs ou d’expansion des anciens sur toute leur durée d’opération. Les chiffres sont astronomiques. Et c’est une estimation conservatrice lorsqu’on la compare aux données du département d’État des États-Unis relativement au pipeline Keystone XL. Les émissions totales projetées sont également mises en perspective avec le budget carbone mondial limité qui nous est imparti pour éviter l’emballement climatique. Cette recherche montre hors de tout doute qu’on ne peut vouloir à la fois réduire les GES et favoriser l’exploitation des sables bitumineux. 

Version imprimable (PDF) à télécharger (cliquez ici). 

Par Alain Brunel, directeur climat énergie AQLPA, mars 2015

Pour une deuxième fois depuis qu’il est au pouvoir, le président des États-Unis a apposé son veto au projet de pipeline Keystone XL. Sur le fond, nous le savons, Barack Obama est préoccupé par l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre (GES) que l’utilisation du pipeline entraînerait. Il a bien raison. En juin 2013, il affirmait dans un discours à Georgetown University qu’il considérerait KXL d’intérêt national pour les États-Unis uniquement s’il était démontré que l’oléoduc « n’exacerberait pas significativement » la pollution carbone. Et il a déclaré tout récemment que la production de pétrole bitumineux était « extraordinairement sale ». Continue reading

Énergie Est et GES : Alain Brunel, directeur climat énergie de l’AQLPA, a interpellé les dirigeants de l’ONÉ

Le président de l’Office national de l’énergie M. Peter Watson et sa vice-présidente Lyne Mercier sont venus expliquer le rôle de l’Office national de l’énergie le jeudi 26 février à HEC Montréal dans la perspective des audiences sur le projet Énergie Est de TransCanada. Un comité d’accueil d’une vingtaine de personnes de la coalition “SpeakVert !”, dont fait partie l’AQLPA, regroupement d’écologistes, de citoyens, d’agriculteurs et défenseurs de la langue française, les attendaient pour leur rappeler l’importance d’obtenir l’ensemble de la preuve de TransCanada en français. Pour leur rappeler également l’importance de prendre en compte la totalité des émissions de gaz à effet de serre que le projet de 1,1 million de barils par jour induira en permettant l’augmentation de la production des sables bitumineux de quelque 40%.

Alain Brunel, le directeur climat énergie de l’AQLPA, a interpellé directement les dirigeants de l’ONÉ sur ces questions en critiquant l’interprétation très restrictive de leur mandat alors qu’ils ont l’autorité des évaluations environnementales des projets d’oléoducs depuis la loi mammouth C-38. “Les émissions de gaz à effet de serre doivent être réduites à zéro d’ici quelques décennies, il s’agit de l’enjeu environnemental du siècle, d’un enjeu de civilisation. L’Oné ne peut pas ne pas en tenir compte quand le pipeline Énergie Est augmenterait à lui seul de 40% la production de sable bitumineux”.   Continue reading

Énergie Est: front commun d’agriculteurs, d’écologistes et de défenseurs du français

CAMPAGNE POUR UNE SUSPENSION IMMÉDIATE DES PROCÉDURES À L’ONÉ

#SPEAKVERT !

Montréal, 20 février 2015 – Plus d’une vingtaine de groupes citoyens, agricoles, environnementaux, syndicaux et de défense de la langue française ont lancé ce vendredi la campagne «Speak vert!» afin de faire valoir leur indignation face à l’Office national de l’énergie (ONÉ), cet organisme fédéral qui refuse de rendre disponible pour les citoyens francophones une traduction officielle des 30 000 pages de documents déposés en anglais seulement par TransCanada concernant le projet d’oléoduc Énergie Est. Continue reading

Changer le cap du «Titanic» énergétique mondial

Texte d’Alain Brunel, directeur climat-énergie AQLPA, publié dans Le Devoir, le 30 décembre 2014, section Actualités sur l’environnement.

cr photo Martin Mejia AP

Photo: Martin Mejia – Associated Press Des manifestants ont parodié les dirigeants mondiaux lors du dernier sommet sur le climat, à Lima.

Il s’est passé quelque chose d’important lors des négociations internationales sur l’avenir du climat tenues en décembre à Lima, au Pérou, pays du peuple du soleil, selon une légende inca. Les 195 États signataires de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques se sont engagés à soumettre l’an prochain — dès la fin du premier trimestre « pour ceux qui le peuvent » — un plan national de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), à mettre en oeuvre à partir de 2020. Malgré les persistants clivages Nord-Sud et les carences de l’accord conclu in extremis à Lima, des lignes figées depuis des années ont bougé. Les fondations d’un accord mondial de lutte contre les dérèglements climatiques commencent à prendre forme dans l’expression de cette volonté universellement partagée de faire partie de la solution. Continue reading

L’AQLPA commente l’accord historique de dernière minute à Lima – Le Canada doit maintenant faire face à ses responsabilités

Logo_AQLPA_LeftSidebarCOMMUNIQUÉ

Lima, 14 décembre 2014 – L’avenir du climat, donc du monde, s’est joué hier à Lima. Les négociations ont été ardues pour arracher un accord universel sur le projet de texte qui servira de clé de voûte à l’accord international devant être signé à Paris en 2015 dans le but d’éviter le pire des dérèglements climatiques.

Il a fallu deux nuits et une journée de temps supplémentaire au calendrier officiel pour y arriver. Bien sûr, beaucoup d’éléments essentiels manquent, mais l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) veut attirer l’attention sur le verre à moitié plein en soulignant la portée sans précédent de cet accord obtenu sous le leadership décisif – et respectueux de toutes les Parties – du président de la COP20, M. Manuel Pulgar Vidal, le ministre péruvien de l’Environnement. Continue reading