Le Groupe africain s’affirme

Une conférence de presse des représentants du Groupe africain à Barcelone en novembre
Ce matin, quatre ministres du Groupe africain ont quitté une plénière fermée (seules les délégations nationales y avaient accès) qui portait sur le réaménagement de l’agenda de négociation pour les prochains jours. Cette démonstration de force visait à signifier le désaccord du groupe à l’égard des options offertes par la Présidente, Mme Connie Hedegaard, pour la suite des négociations.
Au cours de la rencontre, la Présidente a présenté un schéma décrivant deux options:
L’option faible: reléguer à plus tard la négociation sur le renouvellement du Protocole de Kyoto afin que la semaine qui vient puisse être consacrée à la négociation des nouvelles cibles pour les pays de l’Annexe I, lesquelles seraient inscrites dans un texte de CCNUCC que l’on voudrait légalement contraignant.
L’option forte: conserver l’objectif d’adopter à Copenhague les amendements à la CCNUCC, incluant des clauses concernant des outils légalement contraignants, tout en continuant en parallèle les négociations sur le renouvellement du Protocole de Kyoto – c’est l’option “Two-tracks” dont nous avons traité dans un article précédant.
Le simple fait de ramener devant la plénière la possibilité d’une ambition plus faible à Copenhague – tentative qui correspond au texte que la délégation danoise avait diffusé la semaine dernière – indique que l’on veut amoindrir les attentes vis-à-vis les éventuels résultats de la COP15.
C’est dans ce contexte que le Groupe africain a réagi ce matin. Dans un communiqué diffusé en fin d’après-midi, les parlementaires africains affirment qu’ils sont «sont très préoccupés par les tentatives récentes de la Présidence de la COP de fusionner les deux processus (tracks) de négociations lors du sommet de Copenhague. Cela aurait pour effet de tuer le protocole de Kyoto et de ruiner tout espoir pour un résultat juste et efficace lors de la conférence».
Plusieurs des réunions de travail qui suivaient cette plénière ont dû être ajournées parce que les travaux étaient bloqués par l’action du Groupe africain, ce qui a mené certains pays développés à critiquer durement les pays en développement.
Plusieurs d’entre eux sont d’avis que les négociations n’avanceront qu’avec des interventions de nature politique. On attend donc avec impatience la présence de nombreux Présidents, Premiers Ministres et Ministres lors des prochains jours, mais on écoute peu ce que les coalitions de pays en développement ont à dire…

Dossier spécial Durban 2011 – CdP17
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