Copenhague au ralenti

Un sentiment d’urgence commence à se faire sentir chez ceux qui ont à cœur les négociations sur le climat à la COP15 de Copenhague. Suite au coup d’éclat du Groupe africain d’hier, les négociations ont quelque peu ralenti. Un nouveau texte a tout de même été publié par le Président du comité sur la CCNUCC.
Il est difficile de suivre les négociations de près étant données les restrictions qui ont été imposées aux ONG pour entrer au Bella Center, mais des informations circulent indiquant que les négociations sont ralenties dans la plupart des sous-groupes portant sur les questions plus spécifiques (la finance, l’adaptation, la comptabilité des émissions et des réductions d’émission par les puits de carbone (REDD), le changement d’allocation des terres (LULUCF), etc.).
Au sujet des nouvelles cibles pour les pays développés, les pays du Groupe Parapluie insistent pour élaborer le nouveau traité autour d’une année de référence différente de celle reconnue tant par la CCNUCC que par le Protocole de Kyoto, soit 1990. Cette position de négociation retarde d’autant plus les discussions sur les cibles de réduction elles-mêmes.
Encore aujourd’hui, plusieurs diplomates des pays développés suggèrent que peu de décisions pourront se prendre sans la présence des leaders politiques. Or, si l’on se fie aux expériences passées, cette stratégie n’est pas garante de succès. Comme je l’ai décrit dans un article précédant, la COP6 de La Haye avait souffert du manque de travail des technocrates avant l’arrivée des politiciens. Ces derniers, sans options suffisamment définies par une négociation préalable entre les technocrates, ne peuvent avoir une compréhension très élaborée des engagements qu’on leur demande et des possibilités de marchandage qui s’offrent à eux.
Ainsi, certains craignent que la Conférence de Copenhague ne comprenne que des décisions sur la suite à donner aux négociations, sans intégrer de véritables décisions pour les autres questions mentionnées ci-haut. C’est ce scénario qui avait prévalu à Kyoto (COP3) et qui a ensuite donné lieu à un Protocole dont l’efficacité fut mitigée.

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