Chaospenhague
Pendant qu’il n’a jamais été aussi important de nous concentrer sur les négociations internationales, le comble de la distraction apparaît lorsque des manifestants se font tabasser, signe d’une organisation qui est dépassée par les événements. Difficile de passer cela sous silence…
Pas facile de suivre des négociations internationales quand plus de 120 chefs d’État se donnent rendez-vous au sommet. Lorsque les enjeux se corsent, il faut s’attendre à ce que les chefs d’État se referment sur eux-mêmes pour finaliser leurs ententes en « famille ». C’est exactement ce qui se passe à Copenhague, rebaptisé Chaospenhague par l’AQLPA, soit là, où pour des raisons officielles de « sécurité », la société civile a été en grande partie évincée du sommet.
Depuis lundi, plusieurs représentants de la société civile se sont fait refuser l’accès au centre de conférence même après plusieurs heures d’attente en file dans un froid danois. À partir d’aujourd’hui, seulement 300 représentants de toute la société civile (sur 18 000 accrédités par des ONGs, entreprises, syndicats, premières nations, jeunes, etc.) ont un accès plus que limité au centre de conférence et aux plénières où les chefs d’État font leur discours.
L’exclusion de la société civile représente un grave précédent dans l’histoire des conférences sur le climat et ramène le spectre du sommet des Amériques et de la conférence de Seattle où la société civile n’avait pas accès aux négociations des « grands ». L’interdiction d’accès force les ONGs à diviser leurs effectifs et à envoyer une poignée de représentants à l’intérieur. À quelques heures de préavis, nous devons complètement réorganiser notre manière de fonctionner, changer nos habitudes développées depuis plus d’une semaine, trouver de nouveaux locaux et salles dans la ville, innover dans nos modes de communication, coordonner nos messages à distance, travailler de manière virtuelle sans avoir accès à des documents papiers, etc.
Photo: Réunion du Réseau action climat international dans un édifice à l’extérieur du Centre de conférence en raison de l’exclusion.
Pour plusieurs, la désorganisation du Secrétariat des Nations Unies est inacceptable, irrespectueuse et marginalise l’importance du travail accompli par les ONGs. En effet, plusieurs travaillent depuis de nombreuses années pour en arriver à une entente sur le climat à Copenhague. Plusieurs experts qui travaillent au sein des ONGs sont de véritables références en matière de changements climatiques et ont permis de grandement bonifier les différentes ententes proposées. Leur exclusion est choquante.

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