Obama décevant

On attendait beaucoup de la présence de Barak Obama aujourd’hui, surtout suite au rapprochement des États-Unis et de la Chine auquel nous avons assisté hier.
Suite à l’annonce de Hillary Clinton sur la participation américaine à un fonds pour l’adaptation et l’atténuation des émissions dans les pays en développement, les représentants chinois avaient effectivement annoncé que des cibles chinoises seraient «incorporées dans les plans à court et long terme pour le développement économique et social du pays en tant de cibles obligatoires, sujettes à la supervision légale et publique afin de s’assurer de leur mise en œuvre». Aujourd’hui, le Président Wen Jiabao a ajouté que la Chine allait améliorer ses méthodes statistiques de suivi et d’évaluation ainsi que la manière de rendre compte de l’information en augmentant la transparence et en s’engageant activement dans un dialogue et une coopération internationale».
Cette annonce visait à répondre aux demandes américaines concernant la transparence dans la comptabilité des émissions de gaz à effet de serre. On s’attendait donc à ce que les négociations accélèrent dans la bonne foi.
Or, la journée a plutôt été désolante jusqu’ici.
Lors de son discours devant la plénière, le Président Obama (ou, du moins, le rédacteur de son discours) a fait montre d’un surprenant manque de tact en affirmant que les efforts américains de lutte contre le changement climatique visaient avant tout à assurer la sécurité nationale et la croissance interne des États-Unis. Ce ne sont pourtant pas les États-Unis qui souffriront le plus du changement climatique…
En plus de cette malheureuse suggestion, le Président a affirmé qu’un accord à Copenhague devait reposer sur trois piliers, soit: des cibles ambitieuses pour toutes les grandes économies (incluant les économies émergentes), des mécanismes de transparence pour la comptabilité des réductions au niveau national et un financement pour l’adaptation et l’atténuation. Bref, ce discours n’offrait rien de nouveau.
Ce fut tout le contraire avec le discours du Président brésilien Lula Da Silva, qui parlait quelques minutes après le Président américain. Lula a non seulement promis d’importantes réductions dans les émissions du Brésil et de mettre sur pied tous les mécanismes de transparence nécessaires, mais aussi de financer le fonds sur l’adaptation et l’atténuation. Ceci constitue un précédant pour un pays en développement.
L’espoir de voir un accord ambitieux sortir de la COP15 est ainsi de moins en moins réaliste. À l’heure qu’il est (environ 19h30 à Copenhague), de nouvelles versions de l’hypothétique déclaration finale circulent sur Twitter et les listes de courriel des ONG. Fâchés par le discours de Barak Obama, le Vénézuela et la Bolivie ont – semble-t-il – quitter les négociations. L’heure est aux rumeurs de toutes sortes…

Dossier spécial Durban 2011 – CdP17
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