Un Québec vert ?

Lors de sommets internationaux, Jean Charest présente le Québec comme un leader en matière de changements climatiques. Il a notamment dissocié la position de la Belle Province de celle du reste du Canada lors du sommet de Copenhague en 2009 en démontrant l’engagement ferme du Québec dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). Il répète régulièrement que le Québec respectera les objectifs du protocole de Kyoto, en plus d’avoir les objectifs de réduction de gaz à effet de serre les plus ambitieux d’Amérique du Nord.

On peut donc se demander comment son discours peut demeurer cohérent, alors qu’il souhaite aller de l’avant avec l’exploitation des gaz de schiste; un projet auquel se sont déjà opposés des milliers de Québécois. Si aucun moratoire n’est accordé dans le dossier des gaz de schiste, le bilan des émissions de GES québécois pourrait s’élever dangereusement au lieu de diminuer. En effet, le gaz naturel consommé au Québec provient de l’Alberta, donc les GES liés à l’extraction et à la production du gaz ne sont actuellement pas imputables au Québec. En substituant le gaz naturel albertain pour le gaz de schiste, les GES émis lors de la production seront additionnés au bilan québécois.

Lors du Climate Group tenu à New York en septembre dernier, le premier ministre québécois s’est abstenu d’aborder le thème des gaz de schiste. Confronté par la suite sur sa décision de passer cette question sous silence, il s’est défendu en expliquant que le sujet du sommet était plus vaste et général que celui des gaz de schiste, alors que le sommet portait justement sur les questions d’énergie propre et de réduction d’émissions de GES.

Tandis qu’il souhaite faire du Québec une puissance énergétique verte, M. Charest conduit le Québec dans la mauvaise direction. Il fera sans doute l’éloge d’un Québec vert lors de la 16e Conférence des Parties se tenant à Cancun du 29 novembre au 10 décembre 2010, esquivant probablement de nouveau la question des gaz de schiste… Nous y serons et vous informerons des discussions et de la position québécoise.

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