Nouveau texte à la COP17 : sentiment de déjà vu

On peut légitimement s’inquiéter des minces heures de sommeil du Titulaire du Groupe de travail sur l’action concertée à long terme au titre de la Convention (AWG-LCA). Ce dernier, qui affirmait encore hier soir être en période de consultation avec les parties, a produit un nouveau texte – une mise à jour de celui de samedi – qui fut mis en ligne ce matin vers 6h.

Le Hilton de Durban

Le Hilton de Durban, repère de Ministres

Mais en examinant le nouveau texte de plus près, on est soulagé pour le Titulaire : les consultations ont dû être de courte durée et la révision du texte également, puisque cette version est quasi identique à la dernière. Il fait même quelques pages de plus, signe que les négociations avancent très, très lentement.

Lors d’une mise au point offerte en séance plénière hier soir, le Titulaire se voulait pourtant relativement encourageant. Selon lui, les négociations révélaient des progrès différenciés selon les secteurs de négociation et les sous-groupes (adaptation, finance, transfert de technologie, etc.). Trois types d’enjeux, disait-il, détermineront les résultats de Durban : les enjeux que l’on peut potentiellement régler si on y consacre assez d’énergie; les enjeux qui auront besoin pour débloquer de l’intervention du niveau politique (i.e. les ministres qui arrivent ici depuis lundi); et les enjeux qu’il sera visiblement impossible de régler d’ici la fin de la COP17 et qu’il faudra donc reporter à la COP18.

Le Titulaire n’a pas été explicite sur les enjeux spécifiques appartenant aux deux premières catégories, mais il a mentionné que le Chapitre I sur « Shared vision » (ou « vision partagée pour l’action concertée à long terme ») n’aboutira vraisemblablement pas à court terme. Ce chapitre, qui établit l’objectif large des négociations et du futur traité, est, comme je le disais dans mon article de samedi dernier, excessivement sensible. Et si on se fie à la longueur du nouveau texte, le Chapitre I n’est pas le seul à souffrir de sensibilité excessive.

Faut-il s’alarmer de cette apparente stagnation des négociations?

Juste avant la plénière d’hier soir, je sirotais une bière locale en attendant l’ouverture de la salle lorsqu’un délégué néerlandais, cigarette au bec, m’a cordialement interpellé. La discussion qui s’en suivi a fait ressortir ce que plusieurs chuchotent cyniquement : « toute cette conférence n’est qu’une façade… la vraie négociation se déroule là-bas, au Hilton! »

Sans doute y a-t-il du vrai dans cette affirmation. Il n’ya qu’à rappeler les événements de Copenhague, alors que la déclaration finale avait principalement été rédigée par les Etats-Unis et la Chine dans un processus opaque, pour le comprendre. Pourtant, si la négociation doit aboutir à un véritable progrès à Durban, c’est sur la base des textes négociés collectivement qu’elle devra porter… qu’elle se déroule au Hilton ou au centre de conférence!

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