Financement et négociations : Où en est le Canada ?

English version below

Par Aida Ahmadi, membre de la délégation AQLPA

Les pays développés se sont engagés à verser 100 milliards de dollars US par an d’ici 2020 pour aider les pays les moins avancés (PMA – Less Developed Countries – LDCs) à atténuer les changements climatiques et à s’adapter à leurs impacts.. Comme point de départ, ils ont accepté de fournir 30 milliards de dollars en financement climatique pour la période de 2010-2012. Ce montant est appelé Financement de mise en œuvre rapide (Fast start Finance – FSF). Les pays développés ont déclaré un montant de 35 milliards de dollars mobilisés au cours de la période FSF. (1) (2 )

Cependant, la période FSF a pris fin à Doha en 2012 et malgré les événements météorologiques extrêmes et les catastrophes, les négociations de Doha n’ont pas mené à un engagement pour la continuité des fonds nécessaires aux pays les plus pauvres pour faire face aux conséquences des changements climatiques, ce qui place ces pays devant un « précipice fiscal climatique » (climate fiscal cliff). (3) Ce financement demeure l’un des sujets chauds des négociations COP19 en Pologne. Les pays développés et les pays en développement doivent augmenter leurs engagements.

Malheureusement, les pays en développement ne peuvent pas augmenter leurs engagements sans avoir de l’aide financière de la part des pays les plus développés. C’est ce que le G-77/Chine et les pays africains ont annoncé dans la session plénière de la CdP, le 13 novembre. En séance plénière, les pays en développement ont également demandé plus de transparence ainsi que l’attribution d’une juste part de financement pour l’adaptation (avant atténuation) et les pays les plus vulnérables.

Quelle est la contribution réelle du Canada?

Le Canada a contribué au FSF : le Canada a versé sa «juste part » en fournissant 4%, ou 1,2 milliard de dollars, sur les 30 milliards de dollars US. (4) Le montant que chaque pays a contribué au FSF est basé sur son revenu national brut (RNB) par rapport aux autres pays donateurs. (5). Le Canada a donc fourni une bonne base, mais cette contribution unique n’est pas suffisante. Afin de collectivement faire face aux changements climatiques, le Canada doit continuer à soutenir les plus pauvres et les plus vulnérables.

Pas de ” répartition équilibrée “: Selon l’Accord de Copenhague, pour le FSF, il devrait y avoir une répartition équilibrée entre l’argent dépensé sur des projets d’adaptation et d’atténuation dans chaque pays. Toutefois, le terme «équilibré » peut être interprété de diverses façons. Selon une évaluation indépendante des engagements de financement du Canada effectuée par la Coalition canadienne sur le changement climatique et le développement (Canadian Coalition on Climate Change and Development), 74 % du budget FSF du Canada a été affecté à des prêts et principalement pour des projets d’atténuation alors que seulement 18 % a été attribué à l’adaptation. Cela étant dit, il est positif de constater que les fonds d’adaptation ont été remis aux bons endroits (pays les plus vulnérables) . Mais en comparaison avec d’autres pays donateurs, le Canada a l’un des taux de prêt les plus élevés, ainsi que l’un des plus faibles pourcentages en termes d’allocations des fonds pour l’adaptation (5). Ainsi, il est essentiel que le Canada clarifie la répartition des fonds à l’avenir.

Aucune contribution. Aucun engagement. Aucun plan. Le Canada a eu un bon début en fournissant sa part du FSF, mais a complètement échoué par la suite. Après le rôle embarrassant joué par le Canada dans le blocage des négociations sur le financement à Doha durant la COP18, les délégués canadiens ont confirmé une fois de plus le 13 novembre à Varsovie que le Canada ne mettra plus d’argent sur la table avant 2015. Par ailleurs, le Canada n’annoncera pas d’engagement, ni plan, ni précisions sur la façon dont il compte augmenter ses engagements financiers dans les 100 milliards de dollars / an commis d’ici 2020. Cela suscite déception et honte, quand des milliers de personnes souffrent de notre inaction irresponsable et ont besoin d’aide face aux conséquences des changements climatiques qu’ils subissent lourdement. Il ne reste plus qu’à espérer, peut-être avec l’action miséricordieuse de quelques anges gardiens du climat, que le gouvernement du Canada  reconnaisse l’urgence d’agir et  adopte les mesures immédiates, appropriées et audacieuses avant qu’il ne soit trop tard.

( 1 ) http://www.wri.org/publication/mobilising-international-climate-finance
( 2 ) http://www.pembina.org/op-ed/2403
( 3 ) http://oxfam.ca/news/climate-fiscal-cliff-looms-for-developing-countries
( 4 ) http://climatechange.gc.ca/default.asp?lang=En&n=5F50D3E9-1
( 5 ) http://c4d.ca/publications/policy-briefs/protecting-our-common-future-report/

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English version:

Finance and Negotiations: Where Does Canada Stand?

By Aida Ahmadi, member of the AQLPA delegation

Developed countries pledged for a US$ 100 billion per year by 2020 to help less developed countries (LDCs) to mitigate and adapt to the impacts of climate change. As a starting point, they agreed to deliver US$ 30 billion climate finance in the period of 2010-2012. That is referred to as Fast-start Finance (FSF). Developed nations reported an amount of US$ 35 billion mobilized during the FSF period. (1)(2)

However, with the FSF period coming to an end in Doha, despite having faced extreme weather events and disasters, Doha negotiations failed to deliver a commitment for the continuity of the funds needed for the poorer countries to cope with the consequence of climate change and put them on a “climate fiscal cliff”. (3) Finance remains one of the hot topics during the COP19 negotiations in Poland. Both developed and developing nations are expected to raise their ambition targets.

Unfortunately, developing countries cannot commit on raising their ambitions without receiving a fair amount of financial support from the more developed nations. The G77/China and the African countries announced this in the COP plenary session, on November 13. In the plenary, developing nations also asked for more transparency as well as allocation of a fair share of finance for adaptation (prior to mitigation) and the most vulnerable nations.

What is Canada’s Real Contribution? 

Canada contributed to the FSF: Canada contributed its “fair share” by providing 4%, or US$ 1.2 billion, of the US$ 30 billion. (4) The amount each country contributed to the FSF is based on its Gross National Income (GNI) in relation to the other donor countries.(5). Canada provided a good foundation, but one time contribution is not enough. In order to tackle the climate change collectively, Canada should continue supporting the most poor and vulnerable.

No “balanced allocation”: Based on the Copenhagen Accord, for the FSF, there should be balanced allocation between money spent on adaptation and mitigation projects by each country. However, the term “balanced” can be interpreted in various ways. According to an independent assessment on Canada’s financing commitments by the Canadian Coalition on Climate Change and Development, 74% of Canada’s FSF budget was assigned for loans and primarily for mitigation projects while only 18% was assigned for adaptation. That being said, it is positive that the adaptation fund was put in the right hands (most vulnerable countries). But comparing to other donor countries, Canada has one of the highest loan ratios as well as one of the lowest percentage in terms of allocating money to adaptation (5). Thus, it is essential that Canada clarifies the funding distribution in the future.

No contribution. No commitment. No plans. Canada had a good start by providing the FSF, but then failed completely afterwards. Followed by Canada’s embarrassing role in blocking the negotiations on finance in Doha during COP18, Canadian delegates confirmed once again today that Canada is not going to put any money on the table before 2015. Moreover, Canada is not going to announce any commitments, neither plans nor clarifications on how it is going to scale up its financial commitments towards the US$ 100 billion/year pledge by 2020. This again brings a lot of disappointment and shame, when thousands of people are suffering from our irresponsible inaction and need support to bear the consequences of climate change. Let’s hope, perhaps with the merciful action of some unexpected climate guardian angels, that the government of Canada feels the level of urgency and takes immediate, appropriate and bold measures before it gets too late.

(1) http://www.wri.org/publication/mobilising-international-climate-finance.
(2) http://www.pembina.org/op-ed/2403
(3) http://oxfam.ca/news/climate-fiscal-cliff-looms-for-developing-countries
(4) http://climatechange.gc.ca/default.asp?lang=En&n=5F50D3E9-1
(5) http://c4d.ca/publications/policy-briefs/protecting-our-common-future-report/