Énergie Est et GES : Alain Brunel, directeur climat énergie de l’AQLPA, a interpellé les dirigeants de l’ONÉ

Le président de l’Office national de l’énergie M. Peter Watson et sa vice-présidente Lyne Mercier sont venus expliquer le rôle de l’Office national de l’énergie le jeudi 26 février à HEC Montréal dans la perspective des audiences sur le projet Énergie Est de TransCanada. Un comité d’accueil d’une vingtaine de personnes de la coalition “SpeakVert !”, dont fait partie l’AQLPA, regroupement d’écologistes, de citoyens, d’agriculteurs et défenseurs de la langue française, les attendaient pour leur rappeler l’importance d’obtenir l’ensemble de la preuve de TransCanada en français. Pour leur rappeler également l’importance de prendre en compte la totalité des émissions de gaz à effet de serre que le projet de 1,1 million de barils par jour induira en permettant l’augmentation de la production des sables bitumineux de quelque 40%.

Alain Brunel, le directeur climat énergie de l’AQLPA, a interpellé directement les dirigeants de l’ONÉ sur ces questions en critiquant l’interprétation très restrictive de leur mandat alors qu’ils ont l’autorité des évaluations environnementales des projets d’oléoducs depuis la loi mammouth C-38. “Les émissions de gaz à effet de serre doivent être réduites à zéro d’ici quelques décennies, il s’agit de l’enjeu environnemental du siècle, d’un enjeu de civilisation. L’Oné ne peut pas ne pas en tenir compte quand le pipeline Énergie Est augmenterait à lui seul de 40% la production de sable bitumineux”.  

Peter Watson a esquivé la question en disant que l’Oné n’avait pas la responsabilité de promouvoir ou plaider des politiques particulières (M. Watson étant unilingue a parlé d’ “advocacy” pour décrire la prise en compte de la question posée relative aux émissions de GES).

M. Watson a été nommé président de l’Oné en juin 2014 pour un mandat de 7 ans. Il a auparavant été sous-ministre de l’environnement au gouvernement de l’Alberta en 2005-2008 puis sous-ministre au ministère de l’énergie en 2008-2011 avant de devenir sous-ministre du conseil exécutif du gouvernement d’Alberta. Autrement dit M. Watson a été aux premières loges des autorisations d’augmentation de la production de sables bitumineux depuis 10 ans.

Mme Mercier est vice-présidente de l’Oné depuis juin 2014 pour un mandat de 7 ans. elle a également été commissaire depuis décembre 2008.  Auparavant elle a travaillé pendant plus de 29 ans pour Gaz Métro où elle a été directrice de la division approvisionnement en gaz.

M. Watson et Mme Mercier ont assuré aux participants de l’indépendance de l’organisme vis-à-vis du gouvernement fédéral et des entreprises énergétiques. Mais pendant que la planète brûle, l’Office national de l’énergie va examiner les perspectives du marché du pétrole pour Énergie Est et restera aveugle à celles de l’effondrement écologique – et économique – que l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre qui lui sont associées entraînera…

VOIR AUSSI :
Reportage d’Alexandre Shields dans Le Devoir (27 février 2015) : L’Office national de l’énergie défend l’exclusion de la question des GES20150226_154643m20150226_172654m

20150226_154715m

20150226_154646m