Selon l’Organisation météorologique mondiale, 2016 sera encore plus chaude que 2015

Philippe Bélisle, délégation AQLPA à la COP22, Marrakech, Maroc

Marrakech, le 14 novembre 2016-  À partir des données des premiers neuf mois de 2016, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) prévoit que la température moyenne cette année sera encore plus chaude que le record établi en 2015. Les scientifiques de l’OMM en sont certains à plus de 90 pour cent.

Et comme une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule, l’OMM prévoit que la température moyenne cette année devrait être supérieure de 1,2 degrés Celsius à ce qu’elle était à l’époque préindustrielle, ce qui laisse maintenant peu de marge de manœuvre à la communauté internationale qui s’est engagée dans l’Accord de Paris à limiter la hausse de la température bien en dessous de deux degrés et à poursuivre les actions pour limiter la hausse à 1,5°Celsius par rapport aux niveaux préindustriels.

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L’OMM a rendu publiques ces nouvelles données lors d’une conférence de presse  ce lundi matin à la Conférence sur les changements climatiques (COP22) à Marrakech. Le Secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas, a également révélé qu’après avoir franchi le cap des 400 parties par million (ppm) plus tôt cette année, la concentration de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère avait grimpé à 407ppm sur une base annuelle.

Les experts de l’organisation attribuent au phénomène El Niño une responsabilité marginale – environ 0,2 degrés – à l’augmentation de la température en 2015-2016. Mais selon eux la cause principale est l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre (GES).

«Dans certaines régions arctiques de la Fédération de Russie, la température était supérieure de 6 °C à 7 °C à la normale. Et dans de nombreuses autres régions arctiques et subarctiques de la Russie, de l’Alaska et du nord-ouest du Canada, la température a dépassé la normale d’au moins 3 °C. Or jusqu’ici, les records de chaleur s’exprimaient en fractions de degré» a souligné M. Taalas.

Météo extrême et changements climatiques

Maxx Dilley, directeur de la branche prévision et adaptation de l’OMM, une organisation qui dépend de l’Organisation des Nations unies, a noté les nombreux phénomènes météorologiques qui ont ponctué l’année 2016. Les typhons, inondations, vagues de chaleur, incendies et autres événements extrêmes, se sont produits sur l’ensemble des continents et tout indique que leur nombre va s’accélérer au cours des prochaines années, estime M. Dilley.

Il a affirmé que le lien entre les phénomènes extrêmes et les changements climatiques sont maintenant démontrés. « Des 79 études publiées entre 2011 et 2014, plus de la moitié ont démontré que les changements climatiques avaient contribué à un événement météorologique particulier d’une façon ou d’une autre. » M. Dilley, expert en gestion du risque et conseiller auprès de plusieurs pays en développement, exhorte les États à développer davantage leurs systèmes d’alerte précoce.

Omar Baddour, chef de la division du Programme mondial des données climatologiques et de surveillance du climat à l’OMM, rapporte que les événements météo extrêmes ont provoqué le déplacement de plus de 19 millions de personnes jusqu’ici en 2016, davantage que les conflits militaires. À un journaliste russe qui lui faisait remarquer qu’il restait trois mois avant la fin de l’année (sur la base du rapport dont les données s’arrêtent en octobre), M. Baddour a répondu que des conclusions contraires seraient inconcevables sur le plan scientifique. « Comment ne pas croire que la situation se détériore alors que la température planétaire a encore augmenté depuis la signature de l’Accord de Paris? », a répondu le météorologue et ingénieur de l’OMM.

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About Alain Brunel

Cofondateur de l’AQLPA en 1982, il a participé à la bataille contre les pluies acides pendant la décennie 80. Il a été consultant en France pendant 16 ans en hygiène, sécurité et conditions de travail, période pendant laquelle il a développé sa connaissance des enjeux environnementaux, économiques et sociaux pour les entreprises. Directeur climat énergie de l'AQLPA de 2013 à 2016, il a participé à la COP 19 à Varsovie, la COP 20 à Lima et à la COP 21 de Paris en tant que chef de la délégation AQLPA. Titulaire d’un DEA de sociologie de l’action organisée de l’Institut d’Études Politiques de Paris, d’une maîtrise de sociologie de l’université Paris X Nanterre, d’un baccalauréat en communication et d’un certificat en sciences de l’environnement de l’UQAM.