Category Archives: COP 15 Copenhague

L’après Copenhague, retour à la case départ

Voici le communiqué que l’AQLPA a émis à son retour de Copenhague, communiqué qui est d’ailleurs toujours d’actualité…

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Montréal, mardi le 22 décembre 2009 – L’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) revient déçue de Copenhague mais résolue à continuer d’agir pour le climat sur le terrain. Elle invite les groupes environnementaux à reprendre le travail, car, de toute évidence, tout reste encore à faire au Canada en matière de lutte aux changements climatiques.

“Il est plus que navrant de constater que le Canada ne respecte pas ses engagements, ne respecte pas la volonté de la population canadienne et est devenu un paria de l’environnement, après avoir pourtant été une inspiration pour le monde entier jusqu’en 2006”, a déclaré Patrick Bonin coordonnateur énergie et environnement pour l’AQLPA, de retour de Copenhague. Continue reading

Une analyse de l’Accord de Copenhague

Parmi les 12 paragraphes de « l’Accord de Copenhague », on trouvera facilement les traces des joutes diplomatiques qui se sont jouées lors de la COP15 de décembre 2009. J’essaie ici de cibler les cinq principaux enjeux à partir du texte de l’Accord tout en revenant sur l’état des rapports de force qu’on y trouve en reflet.

1. L’enjeu du 1,5 degré Celsius (Paragraphes 1, 2 et 12).
Alors que le Mandat de Bali et les prévisions du GIEC recommandaient tous deux aux Parties de la CCNUCC de s’efforcer de limiter la hausse de la température moyenne à moins de 2 degrés par rapport à l’aire pré-industrielle (nous en sommes déjà à une augmentation de 0,7 degré Celsius), l’un des faits marquants de la conférence fut la proposition de la coalition AOSIS de limiter cette hausse à 1,5 degré.

Devant la menace de disparition de certaines îles du Pacifique suite à une augmentation de 2 degrés, peu de pays se sont ouvertement opposés à cet objectif. Toutefois, plutôt qu’une notion de précaution maximale ou la survie des petits pays insulaires, c’est la réalité politique qui a imposé son choix dans l’Accord de Copenhague: l’objectif sera de limiter le réchauffement à 2 degrés Celsius. Or, selon diverses modélisations, les cibles de réduction actuellement proposées par les pays nous mèneraient vers un réchauffement de l’ordre de 3 à 4 degrés Celsius d’ici la fin du siècle. Pas de raison de se réjouir au sujet de cet enjeu.

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Fin des négos: La déception plane

La capitale du Danemark redevient… danoise ! Dans le métro, sur la rue, c’est maintenant le danois plutôt que l’anglais (et autres) qu’on entend. En ce dernier samedi avant Noël, les familles reprennent possession de la ville et la vie semble reprendre graduellement son cours normal, du moins à l’extérieur du Bella Center.

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Alors que les négociations se sont poursuivies pour déterminer le statut exact de l’accord qui a été conclu la nuit dernière, l’Accord de Copenhague, les différentes délégations quittent graduellement la ville.

La fin des négos
Quand aux négociations, elles se sont déroulées toute la nuit entre un nombre limité de pays (une trentaine). Un accord a été trouvé tôt ce matin au sujet du statut exact de l’ «Accord de Copenhague». Le Royaume-Uni aurait suggéré que le texte indique l’appui de la plupart des pays et que celui-ci nomme dans une note en bas de page les pays qui refusent de signer (Venezuela, Bolivie, Soudan, entre autres). Finalement, la solution a été de « prendre note » qu’un grand nombre de pays avaient trouvé un accord. Les objectifs par pays ne sont pas fixés.

La déception plane
La déception plane sur plusieurs acteurs ici, l’Accord ne contient pas de cibles contraignantes et fixe la limite à 2°C plutôt que 1,5°C. Cette déception se lit sur le visage des membres de la société civile, mais aussi parmi les délégations des « parties », soit les pays. En leur parlant, plusieurs représentants des pays m’ont exprimé leur frustration par rapport au processus entourant les négociations. Certains sont restés sur place jusqu’à 4 heures du matin sans savoir ce qui se passait dans les négociations. L’accès à l’information a été extrêmement difficile, même pour eux.

mexico2009

                           La COP16 aura lieu en décembre 2010 à Mexico.

La honte

Plusieurs personnes se sont fait raser la tête hier dans une opération de contestation en face du Bella Center. Ils voulaient exprimer leur désaccord avec ce qui s’y passait. Ils n’ont pas tardé à être dérangés par la police…

coco

J’ai rencontré l’une d’entre elle, une jeune femme allemande. Elle m’a dit qu’elle avait honte de voir l’attitude réfractaire des pays développés.

N’appelez pas votre chien «Copenhague»

Le Président américain Barak Obama a tenu une conférence de presse ce soir à 22h30 à la COP15 pour annoncer qu’une entente finale «insuffisante pour lutter contre le changement climatique» a été conclue entre les États-Unis, la Chine, le Brésil et l’Inde. Il est encore incertain si l’Union européenne sera partie prenante à cette entente, comme d’ailleurs de nombreux pays dont ceux du Groupe Afrique, de la coalition AOSIS et du Groupe des pays les moins avancés.

Le chien de Stéphane Dion, Kyoto.

       Le chien de Stéphane Dion

On savait déjà depuis quelques jours qu’un accord contraignant sur le renouvellement de la Convention cadre des Nation-Unies sur le changement climatique et du Protocole de Kyoto serait difficile à atteindre, mais les interventions des politiciens américains laissaient croire qu’un accord politique (de type déclaratoire et non contraignant) était encore possible.

L’aveu d’un désaccord
Mais personne ne s’attendait à quelque chose d’aussi faible. Cet accord est, en fait, l’aveu d’un désaccord. On cherche d’ailleurs toujours le texte qui le décrira en détail. En tous cas, il semble qu’on y trouvera aucun chiffre contraignant sur les réductions, ni sur le financement. Les États concernés se sont entendus sur l’idée de présenter une liste générale des actions nationales et internationales entreprises pour lutter contre le changement climatique.

Nous saurons bientôt ce que les pays de l’Union européenne et des autres coalitions pensent de cet «accord», mais on peut déjà prédire que le nom de «Copenhague» ne sera pas très populaire pour baptiser les chiens cette année…

Obama décevant

WWF-Lumiere

On attendait beaucoup de la présence de Barak Obama aujourd’hui, surtout suite au rapprochement des États-Unis et de la Chine auquel nous avons assisté hier.

Suite à l’annonce de Hillary Clinton sur la participation américaine à un fonds pour l’adaptation et l’atténuation des émissions dans les pays en développement, les représentants chinois avaient effectivement annoncé que des cibles chinoises seraient «incorporées dans les plans à court et long terme pour le développement économique et social du pays en tant de cibles obligatoires, sujettes à la supervision légale et publique afin de s’assurer de leur mise en œuvre». Aujourd’hui, le Président Wen Jiabao a ajouté que la Chine allait améliorer ses méthodes statistiques de suivi et d’évaluation ainsi que la manière de rendre compte de l’information en augmentant la transparence et en s’engageant activement dans un dialogue et une coopération internationale».

Cette annonce visait à répondre aux demandes américaines concernant la transparence dans la comptabilité des émissions de gaz à effet de serre. On s’attendait donc à ce que les négociations accélèrent dans la bonne foi.

Or, la journée a plutôt été désolante jusqu’ici.

Lors de son discours devant la plénière, le Président Obama (ou, du moins, le rédacteur de son discours) a fait montre d’un surprenant manque de tact en affirmant que les efforts américains de lutte contre le changement climatique visaient avant tout à assurer la sécurité nationale et la croissance interne des États-Unis. Ce ne sont pourtant pas les États-Unis qui souffriront le plus du changement climatique…

En plus de cette malheureuse suggestion, le Président a affirmé qu’un accord à Copenhague devait reposer sur trois piliers, soit: des cibles ambitieuses pour toutes les grandes économies (incluant les économies émergentes), des mécanismes de transparence pour la comptabilité des réductions au niveau national et un financement pour l’adaptation et l’atténuation. Bref, ce discours n’offrait rien de nouveau.

Ce fut tout le contraire avec le discours du Président brésilien Lula Da Silva, qui parlait quelques minutes après le Président américain. Lula a non seulement promis d’importantes réductions dans les émissions du Brésil et de mettre sur pied tous les mécanismes de transparence nécessaires, mais aussi de financer le fonds sur l’adaptation et l’atténuation. Ceci constitue un précédant pour un pays en développement.

L’espoir de voir un accord ambitieux sortir de la COP15 est ainsi de moins en moins réaliste. À l’heure qu’il est (environ 19h30 à Copenhague), de nouvelles versions de l’hypothétique déclaration finale circulent sur Twitter et les listes de courriel des ONG. Fâchés par le discours de Barak Obama, le Vénézuela et la Bolivie ont – semble-t-il – quitter les négociations. L’heure est aux rumeurs de toutes sortes…

Le recyclage et la conférence

Frederiksberg-Metro-Copenha

Si le Bella Center avait fait un effort important en ce qui concerne le recyclage des déchets, il ne semble que ce soit le cas dans les autres endroits publics. L’hôtel Delta, où a lieu le l’IETA, n’avait pas mis en place (du moins de manière apparente) de système de récupération des déchets, de même que les deux hôtels où j’ai habité depuis le début de la conférence.

Dans le métro, un sac de plastique est ajouté à la poubelle générale pour récupérer le papier. Est-ce un «spécial conférence» ou est-ce vraiment intégré à la vie publique?

Le son de Copenhague

Malgré le manque de résultats des négociations, l’espoir survie à Hopenhagen grâce à un concert «Hopenhagen live» tous les soirs en face de l’hôtel de ville. Mercredi soir, le spécial «éteignez-la lumière» de WWF, suivi de musique… sous la neige!

WWF-Lumiere

Jour J

Voici un résumé de la conférence de presse du Réseau action climat international qui fait le point sur les négociations à l’aube de la dernière journée. Désolé pour la version unilingue anglophone, nous attendons toujours les fonds de la part du gouvernement Harper pour pouvoir traduire le tout…