Changements climatiques : le Québec participe à la Conférence des Nations Unies à Lima

Reprise d’un communiqué du MDDELCC

QUÉBEC, le 6 déc. 2014 /CNW Telbec/ – Le ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, M. David Heurtel, participera à la 20e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques qui se tient à Lima, au Pérou, du 1er au 12 décembre 2014. La mission du ministre s’échelonnera du 7 au 10 décembre.  Continue reading

Avis de gros temps pour le pétrole extrême

Par Alain Brunel, directeur climat-énergie, AQLPA

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Pas d’écume sans vague. Le yoyo des prix du pétrole, le matraquage publicitaire et les stratégies d’influence choquantes de TransCanada ou la propagande climato-négationniste du groupe albertain « Friends of Science » sont l’écume de lames de fond déferlant sur le pétrole extrême des sables bitumineux. La vigie qui lance ici l’alerte n’a rien d’un « extrémiste » vert bouteille. Il s’agit du cabinet européen de conseil et de courtage financier Kepler Cheuvreux, dont les actionnaires sont de gros joueurs comme le Crédit Agricole et la Caisse des dépôts et de consignation. Deux études récentes, « Stranded assets, fossilised revenues » et « Toil for oil spells danger for majors » décrivent les trois lames de fond qui sapent lentement mais sûrement le modèle économique des pétroles extrêmes. Continue reading

L’AQLPA envoie une délégation à Lima – La conférence de Lima sur le climat est déterminante pour l’accord de Paris en 2015

Saint-Léon-de-Standon, le 8 décembre 2014 – Compte tenu de l’importance des négociations climatiques en cours qui se déroulent sous l’égide de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique, malgré une conjoncture économique difficile, envoie une délégation de deux personnes à la 20e Conférence des Parties (CdP ou COP) sur le climat qui a démarré la semaine dernière à Lima au Pérou. Continue reading

Les enjeux des négociations sur le climat – La conférence de Lima déterminante pour le succès de celle de Paris en 2015

Par Alain Brunel, Directeur Climat-Énergie, AQLPA et Marc Lebel, Coordonnateur Climat-Énergie, AQLPA

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D’entrée de jeu, Lima devra servir à créer un élan, un climat politique favorable à l’accord devant être signé à Paris en 2015. Il s’agit de s’entendre sur les principes et l’architecture d’un nouvel accord international. Il s’agit aussi d’élever le niveau d’ambition et de s’assurer que chaque État soit prêt à soumettre sa « contribution » nationale de réduction des émissions au plus tard en mars 2015. La somme de ces réductions d’émissions permettra ou non à la communauté internationale de stopper la progression fulgurante de 45% des émissions mondiales de GES depuis 1990. À cet égard, l’annonce conjointe surprise, à la mi-novembre, de l’intention des deux plus gros émetteurs mondiaux de CO2, les États-Unis et la Chine, de réduire leurs émissions de manière significative avec un objectif à long terme impulse une dynamique favorable à ces négociations. D’autant que cette annonce est survenue après celle de l’Europe qui veut réduire ses émissions de 40% en 2030 par rapport à celles de 1990. Le Canada de son côté a été pris les culottes baissées par l’annonce sino-étasunienne et n’a toujours aucun plan fédéral crédible de réduction des GES. Continue reading

Objectif climat Terre vivante : zéro émission nette de gaz à effet de serre d’ici la fin du siècle!

Par Alain Brunel, Directeur climat énergie, avec la collaboration de Marc Lebel  

France leader Hollande in Canada for state visit
Source photo : Le figaro

L’image était belle dimanche 2 novembre à Banff devant les Rocheuses. Le président de la France, côte à côte avec un Stephen Harper ravi, en communion devant un panorama spectaculaire de l’Alberta; avant d’entonner de concert l’hymne aux richesses de la province que les entreprises françaises sont bien placées pour exploiter – et où la pétrolière Total a investi massivement. Malaise chez les écologistes français et fâcheuse coïncidence : le jour même où François Hollande atterrissait pour une première visite historique d’un président français dans la province canadienne de l’or noir, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) rendait public le résumé final des trois rapports des groupes de travail sur la physique du climat, les impacts des changements climatiques et les moyens de réduire les gaz à effet de serre (GES). Continue reading

Québec, Kyoto : la magie des chiffres et des mots

Québec, Kyoto; la magie des chiffres et des mots

Par André Bélisle, président de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA)

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Photo : © Mario Jean / MADOC

Par delà les mots envolés depuis longtemps et les chiffres qui ont rapidement fondu, dans l’incontournable et urgente lutte au réchauffement planétaire, il n’en demeure pas moins que depuis 1997 le gouvernement du Québec a pris trois engagements formels qu’il a pour ainsi dire perdus de vue.

Nous proposons ici un rappel de la situation en reprenant les propres mots du gouvernement du Québec. Continue reading

Climat et énergie : le Québec à l’heure de vérité

Par Alain Brunel, directeur climat énergie, Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA)

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Source image : www.monclimatmasante.qc.ca (INSPQ)

Pendant que la planète Apple buzz à ses nouveaux gadgets, la planète Terre a une fièvre qui continue d’augmenter sans médecine pour la résorber. Deux récents rapports de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et de PricewaterhouseCooper (PwC) tirent de nouvelles sonnettes d’alarme sur les enjeux climatiques et énergétiques actuels. L’heure de vérité sonne aussi à Québec. À la veille des grandes manifestations et du sommet de New York sur le climat et du dépôt officiel du projet d’oléoduc Énergie Est à l’Office national de l’énergie, les contradictions s’empilent sur le bureau du premier ministre du Québec entre les actions nécessaires pour atténuer les dérèglements climatiques et les intérêts économiques de la pétro-finance.

Soulignons que l’OMM relève, entre 2012 et 2013, le plus fort taux annuel d’augmentation du dioxyde de carbone (CO2) depuis 1984. L’OMM mentionne que « des données préliminaires laissent supposer que cela pourrait être dû à la réduction des quantités de CO2 absorbées par la biosphère terrestre alors que les émissions de ce gaz continuent de croître. » Le méthane (CH4), deuxième gaz à effet de serre en importance, 86 fois plus réchauffant que le CO2 sur une période de 20 ans, a atteint un nouveau pic en 2013 « en raison de l’accroissement des émissions anthropiques. Après une période de stabilisation, la teneur de l’atmosphère en méthane augmente de nouveau depuis 2007. » Inquiétant. Continue reading

Méthane : la méga bombe climatique est-elle amorcée?

Par Alain Brunel, directeur climat-énergie, Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA)

Ce texte a été publié dans les pages du journal Le Devoir, le 7 août 2014

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Photo : Thinkstock

L’article d’Alexandre Shields dans le Devoir du 1er août sur le constat scientifique d’un dégazage de méthane dans l’océan Arctique donne froid dans le dos car il indique que nous sommes probablement aux portes du scénario climatique du pire que pire. Les tendances actuelles des évolutions des gaz à effet de serre nous placent déjà sur la trajectoire d’une augmentation moyenne de 3 à 5 degrés Celsius d’ici la fin du siècle. Or ces scénarios du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) ne tiennent même pas compte des émissions potentielles de la fonte du pergélisol ou du dégazage des hydrates de méthane des fonds marins dont il est difficile d’envisager l’ampleur en l’absence de connaissances fines sur le phénomène. Continue reading

Quelle stratégie de réduction des gaz à effet de serre dans le transport routier au Québec?

Par Alain Brunel, directeur climat-énergie, AQLPA

Le nouveau gouvernement de Philippe Couillard prend au sérieux, apparemment, la question des changements climatiques. Le nouveau nom du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) en est un indice. Le gouvernement Libéral majoritaire dispose d’ailleurs des marges de manœuvre nécessaires pour engager des politiques rigoureuses de réduction des gaz à effet de serre (GES) afin d’atteindre l’objectif de moins 20% d’ici 2020 par rapport au niveau de référence de 1990. Les décisions à l’égard du sort des hydrocarbures en sol québécois détermineront toutefois si le gouvernement est sincère dans sa volonté de réduire les GES à hauteur de l’urgence écologique soulignée par les experts du climat. Rappelons que le dernier rapport du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) annonce qu’il faut viser zéro émission de GES dans la deuxième moitié du siècle si nous voulons limiter la hausse moyenne de température au seuil critique de 2 degrés Celsius. Il faut donc clairement sortir de l’ère du pétrole.

Quoiqu’il en soit à cet égard, cibler le secteur des transports restera incontournable dans toute stratégie de réduction des GES au Québec. Quelque 42,5% des émissions de GES du Québec proviennent du secteur des transports, dont 33% du transport routier, lequel produit à lui seul des émissions équivalentes à celles de tout le secteur industriel. Au 1er janvier 2015, les distributeurs de produits pétroliers seront soumis aux enchères de la bourse du carbone. Cela va renchérir le coût du litre de quelques sous chaque année et inciter à des changements de comportement. Mais le gouvernement peut faire beaucoup plus pour accélérer le mouvement.  Continue reading

Le point sur le potentiel de réchauffement du méthane

Par Alain Brunel, directeur climat-énergie, AQLPA

Une confusion certaine entoure la notion de potentiel de réchauffement planétaire (PRP) du méthane et de ses valeurs qui ont augmenté dans le temps. Même l’AQLPA s’est laissé abuser par les incohérences des chiffres qu’on trouve dans le rapport du comité sur l’Évaluation environnementale stratégique (ÉES) du gaz de schiste rendu public le 17 février dernier. Après contre-vérification, nous pouvons maintenant affirmer que la synthèse de l’ÉES évoque une valeur de potentiel de réchauffement qui remonte à 2001, tandis que la recherche effectuée par le CIRAIG pour évaluer la contribution du gaz de schiste au bilan des gaz à effet de serre du Québec se base sur une valeur de 2007! Rappelons que le PRP du méthane a été rehaussé de manière significative dans le rapport 2013 du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, (GIEC) si bien qu’au final l’ÉES sous-estime fortement les émissions de gaz à effet de serre associées à l’exploitation du gaz de schiste. L’AQLPA a d’ailleurs publiquement demandé un rectificatif au rapport de l’ÉES et que les calculs soient refaits avec les valeurs actualisées.

Faire le point sur le sujet s’impose car le potentiel de réchauffement planétaire est l’un des facteurs clé, avec les émissions fugitives, du rôle trop sous-estimé du méthane dans les changements climatiques. Mais avant tout un rappel : le gaz naturel, conventionnel ou de schiste, est essentiellement composé de méthane (CH4). Pour évaluer la contribution du méthane au bilan global des gaz à effet de serre, l’ÉES recourt à la méthode de conversion traditionnelle en équivalent dioxyde de carbone (eCO2) qui consiste à comparer les conséquences sur l’effet de serre d’un volume donné de méthane, à celles qu’aurait le même volume de CO2, sur une certaine période de temps. Cela se traduit par l’attribution d’une valeur représentant un potentiel de réchauffement planétaire, rapporté à celui du dioxyde de carbone, le plus important d’entre tous. Ce PRP, (aussi appelé potentiel de réchauffement global calqué sur l’anglais), représente donc une donnée fondamentale pour évaluer les impacts climatiques d’un gaz autre que le CO2. Continue reading