Le son de Copenhague

Malgré le manque de résultats des négociations, l’espoir survie à Hopenhagen grâce à un concert «Hopenhagen live» tous les soirs en face de l’hôtel de ville. Mercredi soir, le spécial «éteignez-la lumière» de WWF, suivi de musique… sous la neige!

WWF-Lumiere

Commentez

Jour J

Voici un résumé de la conférence de presse du Réseau action climat international qui fait le point sur les négociations à l’aube de la dernière journée. Désolé pour la version unilingue anglophone, nous attendons toujours les fonds de la part du gouvernement Harper pour pouvoir traduire le tout…

Commentez

On aime…

Et en passant, allez signer la pétition qui demande à Harper un vrai accord à Copenhague. Ça se passe ICI.

3 commentaires

Vers un accord non contraignant?

Liasses de dollars

Parmi tous les enjeux qui se négocient ici et qui devraient idéalement faire l’objet d’une décision dans le résultat final de la COP15, c’est celui du financement pour l’adaptation et l’atténuation dans les pays en développement qui a le plus bougé aujourd’hui.

En accord avec le Mandat de Bali, les pays en développement devraient recevoir l’aide (financière surtout) des pays développés afin de mettre sur pied des projet pour l’adaptation aux changements climatiques et pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre. La question du financement est donc un enjeu majeur pour le G77, le Groupe africain et la coalition AOSIS (Alliance of Small Islands States).

C’est la Secrétaire d’État Hillary Clinton elle-même – arrivée aujourd’hui – qui a fait l’annonce de ce que les États-Unis entrevoient comme un accord équitable concernant cette question de la finance. Il s’agirait de créer un fonds qui alimente annuellement de 100 milliards de dollars d’ici 2020. Le fonds débuterait avec des contributions annuelles plus restreintes dès 2012. L’argent proviendrait à la fois du trésor public des pays développés, du secteur privé et «d’autres sources» qui ne sont pas spécifiées, mais que l’on peut imaginer provenir des profits générés par une taxe s’appliquant le marché des émissions de carbone.

Sarkozy-et-Zenawi

  Le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi et Sarkozy, mercredi à l'Elysée (Photo: AFP)


Rififi dans le Groupe africain
Le contexte de l’annonce contribue à détendre un peu l’atmosphère de confrontation qui régnait depuis la tentative (manquée) du Président de la COP15, le Premier Ministre Danois Rasmussen d’introduire un nouveau texte comme base de négociation hier. L’annonce est d’ailleurs relativement bien enlignée avec une proposition faite conjointement par la France et l’Éthiopie il y a deux jours sur le même sujet.

Cette proposition avait semé la confusion du fait qu’elle reflétait très mal les demandes que le Groupe africain avait exprimé le samedi dernier, soit des transferts financiers annuels de 300 milliards de dollars pour 2020, avec un départ rapide et généreux. L’Éthiopie, qui est porte-parole du Groupe africain sur les questions de climat, aurait agit unilatéralement en acceptant cette proposition au nom du groupe. Pour certains membres de la société civile, la manœuvre apparaît comme une tentative de faire porter la position européenne par l’Afrique.

Quoi qu’il en soit, l’arrivée des politiciens semble véritablement avoir changé la dynamique des négociations et on commence à mieux voir à quoi pourrait ressembler un accord à Copenhague. Deux demandes américaines nous l’indiquent relativement clairement.

Hillary-à-la-Cop15

  Hillary Clinton est arrivée aujourd'hui à Copenhague (Photo: Reuters/Christian Charisius)


Des engagements pour la Chine?
Premièrement, Hillary Clinton a bien précisé que l’engagement américain pour le fonds sur l’atténuation et l’adaptation dans les pays en développement est conditionnel à «un accord [de Copenhague] fort dans lequel toutes les grandes économies s’engagent envers des actions d’atténuation significatives [des émissions] et rendent compte de la mise en œuvre de ces actions dans la transparence complète». Il importe ici de comprendre que l’enjeu de la transparence est directement adressé à la Chine.

L’accord qui pourrait être bouclé d’ici deux jours devrait, selon les États-Unis et la plupart des pays développés, obliger les grandes économies émergentes à rendre compte des leurs efforts de réduction d’émission selon un processus permettant de mesurer, de rapporter et de vérifier les réductions d’émission. Cela implique que la Chine et les économies émergentes se fixent des cibles contraignantes, même si elles pourraient être moins ambitieuses que celles des pays de l’Annexe 1 (les pays développés, voir la texte de la CCNUCC).

Jusqu’ici, la Chine et la plupart des pays du G77 affirment vouloir réduire leurs émissions, mais refusent de se voir contraints de le faire par un accord international.

Todd-Stern

                         Todd Stern, le négociateur en chef des États-Unis (Photo: AFP/Keld Navntoft)

Je dois, tu dois, il doit…
Deuxièmement, il semble que les négociateurs américains essaient actuellement de réduire la portée du texte en cours de négociation en faisant remplacer toute les occurrences de «shall» ( »devoir » à l’impératif) par «should» (devoir au conditionnel). Cela signifierait que le texte de Copenhague – qu’on y trouve ou non des cibles de réduction plus précises pour les pays de l’Annexe 1 et des économies émergentes – ne sera pas légalement contraignant.

En répondant à une question à ce sujet lors de la conférence de presse consacrée à l’annonce faite par Hillary Clinton, le négociateur en chef des États-Unis, Todd Stern, a clairement expliqué que «l’effort mené par le Premier Ministre Rasmussen actuellement consiste à obtenir un accord politique et opérationnel menant à un accord politiquement contraignant l’an prochain idéalement». Il ajoute: «Le mot «shall» est typiquement utilisé dans les accords légaux, et non dans les accords non légalement contraignants.»

En somme, ce qui s’annonce relève plus de la déclaration politique visant à fixer des mandats de négociation pour la prochaine année, déclaration qui inclurait des cibles incertaines ou des promesses en ce sens ainsi que la mise sur pied du fonds pour l’atténuation et l’adaptation.

Évidemment, cette dernière analyse relève de l’interprétation d’informations incomplètes et il se peut fort bien que les négociations avancent plus rapidement que prévu. Celles-ci ne seront d’ailleurs sans doute pas interrompues d’ici vendredi soir ou samedi matin, alors que les politiciens s’en mêleront de plus en plus et que les négociateurs vont camper dans le Bella Center.

2 commentaires

Chaospenhague

Pendant qu’il n’a jamais été aussi important de nous concentrer sur les négociations internationales, le comble de la distraction apparaît lorsque des manifestants se font tabasser, signe d’une organisation qui est dépassée par les événements. Difficile de passer cela sous silence…

Pas facile de suivre des négociations internationales quand plus de 120 chefs d’État se donnent rendez-vous au sommet. Lorsque les enjeux se corsent, il faut s’attendre à ce que les chefs d’État se referment sur eux-mêmes pour finaliser leurs ententes en « famille ». C’est exactement ce qui se passe à Copenhague, rebaptisé Chaospenhague par l’AQLPA, soit là, où pour des raisons officielles de « sécurité », la société civile a été en grande partie évincée du sommet.

Depuis lundi, plusieurs représentants de la société civile se sont fait refuser l’accès au centre de conférence même après plusieurs heures d’attente en file dans un froid danois. À partir d’aujourd’hui, seulement 300 représentants de toute la société civile (sur 18 000 accrédités par des ONGs, entreprises, syndicats, premières nations, jeunes, etc.) ont un accès plus que limité au centre de conférence et aux plénières où les chefs d’État font leur discours.

L’exclusion de la société civile représente un grave précédent dans l’histoire des conférences sur le climat et ramène le spectre du sommet des Amériques et de la conférence de Seattle où la société civile n’avait pas accès aux négociations des « grands ». L’interdiction d’accès force les ONGs à diviser leurs effectifs et à envoyer une poignée de représentants à l’intérieur. À quelques heures de préavis, nous devons complètement réorganiser notre manière de fonctionner, changer nos habitudes développées depuis plus d’une semaine, trouver de nouveaux locaux et salles dans la ville, innover dans nos modes de communication, coordonner nos messages à distance, travailler de manière virtuelle sans avoir accès à des documents papiers, etc.

011
Photo: Réunion du Réseau action climat international dans un édifice à l’extérieur du Centre de conférence en raison de l’exclusion.

Pour plusieurs, la désorganisation du Secrétariat des Nations Unies est inacceptable, irrespectueuse et marginalise l’importance du travail accompli par les ONGs. En effet, plusieurs travaillent depuis de nombreuses années pour en arriver à une entente sur le climat à Copenhague. Plusieurs experts qui travaillent au sein des ONGs sont de véritables références en matière de changements climatiques et ont permis de grandement bonifier les différentes ententes proposées. Leur exclusion est choquante.

Commentez

Le Bella Center devient forteresse

Forteresse

Aujourd’hui, aucune ONG n’a pu s’inscrire au Bella. Certains chanceux ayant déjà leur carte d’inscription et ayant le laissez-passer spécial («secondary badge», dans le jargon) ont pu entrer. `

À l’extérieur, cependant, c’est la police qui domine. La station de métro Bella Center est fermée. Les délégués doivent descendre une station avant et s’y rendre à pied. La police encercle l’ensemble du centre. Des arrestations ont eu lieu (MAJ: plus de 230!) après une manifestation près du centre.

Une station de métro plus tard, c’est le forum alternatif des « business », l’IETA (International Emissions Trading Association). Dans l’Hotel Plaza: musique douce, cravates, bouteilles d’eau (sic), café gratuit (ce n’était même pas le cas au Bella Center!).

En attendant les conférences, je m’assoie sur l’un des divans. Je remarque que l’homme à côté de moi à un sac du «World Economic Forum».

Différente atmosphère !!

2 commentaires

Les chefs entrent, les jeunes sortent

Si la jeune génération était particulièrement présente la première semaine, elle ne pourra plus manifester sa présence de manière aussi visible pour les prochains jours au Bella Center…

Jeunes generations @ COP15

Commentez

La nouvelle Présidence crée des remous

Délégués du Benin

           Les délégués du Bénin, hier à la Conférence sur le climat de Copenhague. (Photo: AP)

Encore une fois, aujourd’hui, on constate une certaine confusion dans les négociations de la COP15 à Copenhague. Fatigue excessive, ruses diplomatiques, jeux de procédures et faiblesse du leadership: nous avons là un cocktail dangereux qui met en danger les résultats attendus pour le renouvellement de la réglementation climatique internationale.

Suite au retard accumulé au cours des confrontations entre les différents camps, la reprise des négociations hier a nécessité que des séances se prolongent jusqu’au petit matin. Le comité sur le renouvellement de la CCNUCC, qui a seulement commencé ses travaux vers 4h30 am, a vu sa séance se prolonger sur près de trois heures après que les États-Unis aient pris d’assaut plusieurs articles du texte en cours de négociation dans le but de l’affaiblir considérablement en englobant de « brakets » de nouveaux passages, voire des pages au complet. En réaction, d’autres pays ont tenu à faire connaître leur avis sur d’autres passages insatisfaisants et ont tenté d’en modifier le langage.

Il est donc difficile de dire si le texte de ce matin est plus ou moins avancé par rapport à celui d’hier, mais il a sans doute le mérite de refléter les positions des parties qui le travaillent depuis la définition du Mandat de Bali. Il demeure l’option la plus légitime pour continuer les négociations.

2 grandes surprises
Or, la plénière de ce midi nous réservait quelques surprises. Tout d’abord, le Secrétaire général de la CCNUCC, Yvo de Boer, a annoncé la démission de la Présidente de la COP15, Mme Connie Hedegaard. Cette démission s’explique par la volonté du Premier Ministre Danois, M. Rasmussen, de présider lui-même les dernières journées de la COP. Les règles de la CCNUCC prévoient en effet que la présidence de la COP reviens toujours au pays hôte, et il semble que ce changement de garde était prévu.

Dans un contexte où plusieurs chefs d’État étaient présents dans la salle en prévision de leurs déclarations officielles, c’est toutefois la première action du Président Rasmussen qui a le plus choqué les représentants de plusieurs délégations, dont le Brésil, la Chine et l’Inde qui ont mené une riposte sans merci au nom du G77.

Nouveau texte sorti de nul part
Juste avant la fin de la plénière qui précédait la séance de discours des chefs d’État, il fut annoncé que la présidence allait soumettre un nouveau texte de sa propre initiative qui deviendrait la nouvelle base des négociations. La nuit blanche des diplomates devenait subitement une perte de temps. C’est donc lors de la séance plus protocolaire qui suivait que des pays ont apporté des points d’ordre auquel le nouveau président devait obligatoirement répondre.

Le Brésil a d’abord questionné la présidence sur le statut des deux textes en concurrence, avant que la Chine ne prenne le relai pour attaquer la présidence de front: «la situation est grave et cela affecte la confiance entre les parties et le pays hôte. La situation n’est pas transparente et il y aura des conséquences [...] la proposition de la présidence représente un manque de respect et nous nous y opposons».

Après une réponse maladroite du Président Rasmussen qui dévalorisait les «procédures et toujours les procédures», la Chine a repris le micro pour affirmer «qu’il ne s’agit pas seulement de procédures et toujours de procédures, c’est une question de respect pour les 192 parties. Nous avions un processus qui émanait des parties. On ne peut présenter un texte qui vient du ciel, comme ça. [...] Si le Président veut présenter un nouveau texte à cette étape, c’est une obstruction au processus et cela remet en cause un résultat positif à la COP15».

Il fallait voir le malaise d’un Président en sueur et les allers-retours du Secrétaire général entre son siège et l’oreille du nouveau venu, devant la contestation d’une dizaine de délégations dans cette salle de plusieurs milliers de personnes, pour comprendre que le mandat de M. Rasmussen allait être difficile…

Certaines ONG ont analysé la stratégie du nouveau texte comme étant dirigée par les États-Unis ou encore par le Groupe Parapluie. Ce qui est plus certain, c’est que les attaques contre le modèle d’accord sur la climat « à la G77″ proviennent de plusieurs fronts. La faiblesse du nouveau leadership de la COP15 risque de n’aider en rien à calmer le jeu.

4 commentaires

«La sécheresse est là pour rester, il faut y faire face»

Secheresse_

Ce sont les propos tenus hier par un responsable de la FAO dans le cadre d’une conférence tenus dans la cadre des événements entourant la conférence officielle.

Dans des pays comme l’Éthiopie, la Somalie, Djibouti ou le Kenya, les changements climatiques sont déjà très visibles: «Dans les années 70-80, la moyenne était d’une sécheresse tous les 10 ans, alors que maintenant, c’est la règle!».

Cela amène de nombreuses conséquences, notamment une hausse vertigineuse des niveaux de malnutrition. Dans ces régions où une partie de la population est pasteur et vit de leurs troupeaux, le manque d’eau amène de plus nombreux déplacements et, ce faisant, plus de conflits avec les autres groupes de la population.

Plusieurs solutions peuvent être mises de l’avant: une meilleure détection des conditions météorologiques et l’avertissement précoce des populations locales, un filet de sécurité, mais aussi des méthodes agricoles adaptées au nouveau climat.

Toutes ces mesures d’adaptation représentent des coûts importants, particulièrement pour des pays déjà en situation économique précaire. C’est pour ces raisons que les fonds d’adaptation représentent l’une des plus vigoureuses demandes des pays africains.

Commentez

Une pomme bio pour négocier?

Dans la cohue du Bella Center, un jeune homme se promène depuis une semaine en vélo pour vendre des pommes biologiques.

pommes

1 commentaire